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Le conseil de sécurité de l'ONU recule face aux menaces du Burundi


Michel Kafando, l’envoyé de l'ONU au Burundi

Le Burundi menace de couper les liens avec l'envoyé de l'ONU nommé pour représenter cette organisation dans le pays. Selon des diplomates de l'ONU, Gitega avait menacé de rompre toutes relations avec la représentation de l'ONU au Burundi, si une réunion du conseil de sécurité convoquée par la France avait eu lieu.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a brusquement annulé une réunion sur le Burundi prévue mardi après que le gouvernement burundais eut annoncé qu'il était prêt à mettre fin aux relations avec Michel Kafando, ont déclaré des diplomates du conseil de sécurité.

Kafando, un ancien président du Burkina Faso, a été nommé en 2017 pour diriger les efforts de l'ONU au Burundi, un pays ravagé par plus d'une décennie de guerre qui s'est terminée en 2006.

La France avait demandé au Conseil de tenir une réunion à huis clos vendredi sur le Burundi, mais ces pourparlers ont été repoussés à juin afin de laisser le temps de désamorcer la situation, ont indiqué des diplomates onusiens.

Interrogé sur la dispute avec le Burundi à propos de l'envoyé, le porte-parole de l'ONU, Farhan Haq, a déclaré jeudi qu'il n’était "au courant d'aucune annonce officielle du Burundi, il n'y a donc rien à répondre pour le moment".

Le Burundi est dans la tourmente depuis que le président Pierre Nkurunziza ait décidé de briguer un troisième mandat et ait été réélu en 2015 lors d'élections boycottées par la plupart des membres de l'opposition.

Au moins 1 200 personnes ont été tuées et plus de 400 000 personnes ont fuit le pays a cause des violences qui ont éclaté en avril 2015 et qui, selon l'ONU, ont principalement été menées par les forces de sécurité de l'État.

L’ambassadeur du Burundi auprès de l’ONU, Albert Shingiro, a depuis demandé au Conseil de sécurité de mettre fin aux réunions tenues tous les trois mois sur la situation dans son pays.

Shingiro affirme que la situation au Burundi ne représente pas une menace pour la paix et la sécurité internationales, une position soutenue par la Russie, la Chine et certains pays africains au conseil, ont indiqué des diplomates.

"Le processus électoral au Burundi en 2020 est une affaire interne", a déclaré Shingiro à l'AFP. "Le Burundi ne permettra aucune ingérence d'aucun acteur étranger, quel que soit son statut".

Les relations entre les Nations Unies et le Burundi restent tendues. En mars, le Burundi a fermé le bureau des droits de l'homme des Nations Unies à Bujumbura.

Kafando a remplacé Jamal Benomar, qui a était l'envoyé de l'ONU pendant deux ans avant que le gouvernement de Bujumbura ne le déclare persona non grata.

Les menaces du Burundi interviennent quatre mois seulement après que la Somalie ait expulsé un envoyé de l'ONU qui avait soulevé des questions concernant les droits de l'homme.

Certains observateurs commencent à craindre ce qu'ils voient comme une tendance des États défaillants à défier l'ordre international, peut-être enhardis par une Amérique tournée vers elle-même sous Donald Trump.

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