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L’ONU se casse la dent sur le dossier «crise burundaise»


La crise burundaise restera dans les annales onusiennes comme la plus atypique jamais connue au paravent.

Les faits sont pourtant têtus : 3ème mandat illégal de Pierre Nkurunziza, violation de l’Accord d’Arusha dont l’ONU est un des garants officiels, massacre de plus de 2000 citoyens paisibles, mis en exil de plus de 500.000 Burundais…., sans déterrer la résolution 2303 du Conseil de Sécurité de l’ONU autorisant l’envoi de 228 policiers et oubliée aussitôt scellée.

Difficile, pour l’ONU, de se décider face au régime burundais dont la monstruosité, doublée de l’arrogance, n’est plus à démontrer. Ses moult hésitations trahissent cette organisation dont on réclame déjà la réforme.

Incapable de plancher sur la crise burundaise, l’ONU se refuse, cependant, de lâcher l’affaire. La crise burundaise est encore à son agenda ou plutôt à celui de son Conseil de sécurité (CS de l’ONU). Mais on en reste encore aux atermoiements. Rien de concret.

La semaine dernière, le Burundi a été retiré in extremis de l’agenda d’une réunion du Conseil de sécurité. Certains Burundais encore naïfs commençaient à pavoiser, espérant que d’éventuelles sanctions pourraient être prises à l’encore d’Ubu, le Roi.

Ce report sine die du calendrier a particulièrement apporté du baume au cœur des thuriféraires du régime sanguinaire de Pierre Nkurunziza.

Pour le représentant du régime honni à New York, l’Ambassadeur Albert Shingiro, le Conseil de sécurité devait, au lieu de la reporter, retirer la question burundaise de son agenda.

«Le monde doit savoir que la situation générale au Burundi est calme, stable et entièrement sous contrôle» a-t-il indiqué sur son compte twitter.

Etant donné que le chaos ne fléchit pas au Burundi, particulièrement à l’approche d’un autre simulacre d’élections fixé pour 2020, le Burundi reste, malgré tout, sous le radar de l’ONU. C’est ainsi que CS débattra de cette crise le 14 juin.

Cette programmation chiffonne encore le camp Nkurunziza. « Après avoir plié en reportant sine die un briefing du Conseil de sécurité de l’ONU sur le Burundi que beaucoup avaient trouvé inopportun, les mêmes acteurs récidivent et obtiennent finalement le briefing le 14 juin», a illico déclaré l’Ambassadeur Albert Shingiro. « Il s’agit d’une réunion de trop car le Burundi doit être tout simplement retiré de l'agenda du Conseil de sécurité de l’ONU », a-t-il ajouté.