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Burundi: La tension monte d’un cran à l’approche des élections


Alors que les élections de 2020 approchent à grands pas, le Burundi est plus que jamais sur la corde raide. D’un moment à l’autre, il peut basculer dans le néant. Le Président Pierre Nkurunziza, qui se sait contesté jusque dans son propre camp, affine aujourd’hui ses stratégies afin de rempiler pour un nième mandat. Son idée fétiche serait de faire descendre dans la rue la milice Imbonerakure et la société civile pro-régime pour le réclamer à travers des manifestations monstre. Ensuite, ses prophètes, déjà préparés et dans le starting-block depuis belle lurette, vont le désigner comme le candidat de Dieu et non du parti. Pierre Nkurunziza se lancera ensuite dans une campagne électorale au résultat connu d’avance.

Mais en se maintenant à la présidence, Pierre Nkurunziza maintiendra aussi le pays dans une situation plus périlleuse que jamais. Les signes avant-coureurs sont déjà là à dix mois des élections. La récente attaque perpétrée contre la permanence du CNDD-FDD dans la commune de Mpanda en province de Bubanza illustre assez ce blues ambiant ou le dégoût qu’inspire ce parti irrésistiblement envoûté par le gourou de Mwumba.

Un des mouvements rebelles qui ont déclaré la guerre à Pierre Nkurunziza a d’ailleurs revendiqué cette mise à sac. «A Bubanza, dans la commune de Mpanda, le Mouvement FRB-Abarundi a mené une attaque contre la milice imbonerakure et la position FDNAC. Les militaires ont intervenu et l'échange de tirs a duré 1h30min», a-t-il immédiatement déclaré sur son compte officiel, twitter. «Bilan: Plusieurs blessés du côté FDNAC et munitions récupérées», a-t-il ajouté.

En mai dernier, ce mouvement rebelle avait annoncé sa détermination à saper le pouvoir de Pierre Nkurunziza.

«Le mouvement FRB- Abarundi voudrait informer l'opinion nationale et internationale qu’il continue de mener des opérations de résistance contre le pouvoir génocidaire et dictatorial de Pierre Nkurunziza», avait-il annoncé via twitter.

D’une manière générale, le climat sécuritaire est plutôt morose dans le pays et en particulier à Bujumbura.

Des cas d’assassinats ciblés sont devenus, de nouveau, monnaie courante.

Rien que le week-end dernier, deux personnes ont été assassinées.

«Un cadavre d'un homme a été retrouvé à l'aube ce lundi dans la zone de Kinindo (Sud de Bujumbura mairie) sur la route Bujumbura-Rumonge près de l'École Nationale d'Administration (vers le sud)», a rapporté le Collectif des journalistes indépendants SOS-Médias/Burundi.

Selon des témoins l’homme a été fusillé vers 1 heure du matin « par des hommes en tenue policière à bord d'un pickup ».

C'était la deuxième personne tuée en pleine ville de Bujumbura en deux jours. Samedi, un chauffeur habitant la zone de Kanyosha (Sud de Bujumbura mairie) a été retrouvé mort dans la zone de Rohero (Centre de Bujumbura). Selon l'administration, la victime a été «étranglée».

L’inquiétude grandit dans tout le pays.