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Inactive face à la crise burundaise, l’UA est très entreprenante face à celle du Soudan


La mollesse ou l’inaction de l’Union africaine (UA) devant la crise burundaise (déjà vielle de plus de 4 ans) contraste avec son imparable élan vers la résolution de la récente crise soudanaise.

Alors que cette organisation panafricaine est quasiment à bout de force et d’initiative pour le cas burundais, elle est intransigeante en ce qui concerne le Soudan. Elle vient en effet de suspendre avec effet immédiat ce pays en proie à une escalade de violences «jusqu’à la création d’une autorité civile de transition»

L’Union africaine a « suspendu avec effet immédiat la participation de la République du Soudan à toutes les activités de l’UA jusqu’à l’établissement effectif d’une autorité civile de transition, ceci étant le seul moyen de permettre au Soudan de sortir de la crise actuelle », a annoncé le Conseil de paix et de sécurité de l’UA (PSC) sur son compte Twitter.

«Le Conseil imposera automatiquement des mesures punitives sur les individus et les entités qui ont empêché l’établissement d’une autorité civile», a précisé en conférence de presse le Sierra-Léonais Patrick Kapuwa, président en exercice du PSC.

Voilà une frappe politique doublement spontanée et millimétrée pour une crise née il y a quelques mois de la volonté d’un peuple de se défaire d’une dictature avérée.

Mention « très bien » pour ce cas de figure, pourrait-on dire. Mais il y a là où le bât blesse. Car dès lors qu’on se souvient de la vielle crise burundaise face à la quelle l’UA n’a jamais pu sortir une telle cartouche dissuasive, on se rend compte que les crises…et partant les peuples, ne s’équivalent pas en Afrique, même pour une organisation panafricaine.

Alors que les Burundais sont, depuis des années, pris en otage par un président aussi tyrannique que cruel que l’ex-président soudanais, l’UA reste étonnamment impassible à leur souffrance.

Aucune sanction n’a été prise à l’endroit du régime burundais. Au contraire. L’UA continue à faire carburer le système répressif burundais, notamment à travers la manne inespérée que le Burundi tire de l’AMISOM (Force de l’Union africaine pour le maintien de la paix en Somalie).

Pourtant, au plus fort de la crise burundaise, l’UA s’était engagée à faire plier le Président Pierre Nkurunziza.

En effet, en décembre 2015, le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine avait décidé l'envoi de troupes africaines (5000 hommes) au Burundi avec un mandat de protection des civils.

Mais cette décision n’a jamais été exécutée, ni aucune autre d’ailleurs.

Aujourd’hui, la crise burundaise n’est même plus à l’agenda du CS de l’UA. Pourtant, le régime sanguinaire est encore en place et les victimes se comptent par centaines de milliers. Dans tous les cas, l’UA restera comptable de cette inégalité de traitement (deux poids, deux mesures) devant la grande Histoire.