• burundidaily

HRW appelle l’ONU à «imposer des sanctions ciblées» contre les auteurs des crimes au Burundi


Ministre Burundais de la sécurité publique, Général Alain Guillaume Bunyoni

L’ONG des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW) appelle le Conseil de sécurité de l’ONU à «imposer des sanctions ciblées aux auteurs des abus généralisés visant l’opposition» au Burundi, a-t-on appris d’une déclaration publiée mercredi soir sur son site officiel.

«Les autorités du Burundi et des jeunes affiliés au parti au pouvoir ont battu, arrêté arbitrairement, fait disparaitre et tué des dizaines d’opposants politiques réels ou supposés», a déclaré Lewis Mudge Directeur de la Division Afrique Centrale de HRW.

«La première mesure à prendre de toute urgence serait d’imposer des interdictions de voyager et des gels des avoirs à l’encontre des personnes responsables des graves violations des droits humains actuellement commises au Burundi», a-t-il déclaré.

Cet appel intervient à la veille d’une réunion du CS de l’ONU sur le Burundi.

«Il a l’opportunité de renverser la tendance, notamment lors de sa réunion du 14 juin 2019 sur le Burundi», a déclaré cette organisation.

HRW dénonce le faible engagement de l’Onu alors que la situation ne cesse de se dégrader.

«L’engagement du Conseil de sécurité des Nations Unies vis-à-vis de la situation du Burundi a décliné ces dernières années, alors que la situation dans le pays se dégrade».

Les autorités burundaises n'ont pas encore régi à cette déclaration.

Les relations entre le Burundi et l’ONU sont tendues depuis près de quatre ans.

Bujumbura a suspendu, en 2016, sa coopération avec le bureau local du Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, l’accusant de "complicité" dans l’élaboration de rapports accablants sur le Burundi. Le 28 février 2019, le Burundi a définitivement fermé ce bureau.

Par ailleurs, une commission d’enquête de l’ONU sur la situation des droits de l’Homme au Burundi a été créée en septembre 2016 dans la perspective de mener des investigations spécifiques. Son mandat a été renouvelé pour la deuxième fois, fin 2018, pour une année.

Bujumbura a toujours refusé de collaborer avec les enquêteurs de cette commission.

En octobre 2017, le gouvernement burundais s’est également désengagé de la Cour pénale internationale (CPI).

Depuis fin avril 2015, le Burundi est secoué par une grave crise politique et sécuritaire émaillée de violences, déclenchée par la candidature controversée du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat.

Ces violences ont déjà fait plusieurs milliers de morts et ont poussé des centaines de milliers d’autres personnes à l’exil