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Des défenseurs des droits de l’homme condamnent la suspension de l’ONG PARCEM


Faustin NDIKUMANA président de l’ONG locale des droits de l’homme PARCEM (Parole et action pour le réveil des consciences et l’évolution des mentalités)

Plusieurs défenseurs des droits humains condamnent la suspension des activités de l’ONG Parole et action pour le réveil des consciences et l’évolution des mentalités (PARCEM), engagée dans la promotion de la bonne gouvernance au Burundi.

«Le pouvoir en place doit savoir qu’empêcher les gens de s’exprimer n’est pas une solution, nous demandons au ministre de l’intérieur d’annuler cette décision», a déclaré sur twitter Gabriel Rufyiri, Président de l’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques, OLUCOME.

Lundi, le ministère de l’Intérieur a publié une ordonnance annonçant la suspension des activités de l’ONG PARCEM sur tout le territoire. La mesure a été prise par le ministre de l’intérieur Pascal Barandagiye.

Pour Anschaire Nikoyagize, Président de la Ligue burundaise des droits de l’homme, ITEKA, le gouvernement burundais est gêné par la détermination de PARCEM à dénoncer ses dérapages.

«L'engagement de PARCEM à travers ses communications basées sur des analyses objectives ne pouvait pas passer inaperçu pour un Gouvernement caractérisé par des crimes de tout genre», a-t-il déclaré.

La déception est aussi totale pour Pacifique Nininahazwe, Président du Forum pour la conscience et le développement. «Parcem était une des rares organisations de la société civile indépendante encore tolérée, la suspension de ses activités est un autre signe désespérant à une année des élections de 2020», a-t-il déclaré.

Les autorités burundaises ont accusé PARCEM de «ternir l’image du pays et de ses dirigeants»

«Ladite association s’active à ternir l’image du pays et de ses dirigeants dans le but de troubler la paix et l’ordre public», a déclaré le Ministre.

PARCEM était l’une des rares associations des droits de l’homme e actives au Burundi.

Ces derniers mois, cette association a lancé une campagne médiatique intitulée en kirundi «Ukuri Ku Biduhanze, la vérité sur les problèmes auxquels nous faisons face». Elle dénonçait les difficultés que connaît le Burundi en termes de malnutrition, de pauvreté, d'épidémie ou d'inflation.

Les autorités burundaises suivent de très près les activités des ONG à l’approche des élections de 2020.

En septembre 2018, le gouvernement a suspendu pour 3 mois toutes les ONG étrangères en les obligeant de s’astreindre à la nouvelle loi qui les régit depuis 2017. Elle prévoit notamment un strict contrôle de leurs finances, des frais administratifs et des quotas ethniques dans le recrutement du personnel (60% de Hutu et 40% de Tutsi, comme dans l'administration).

En octobre 2015, les autorités burundaises avaient suspendues les activités d’une dizaine d’organisations de la société civile opposées au 3ème mandat du Président, Pierre Nkurunziza. Cinq d’entre elles ont été radiées en octobre 2016.