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Elections de 2020 : Pierre Nkurunziza suspend les contributions qu’il n’aurait jamais dû demander au


Pierre Nkurunziza, président de la république du Burundi

Le Président burundais Pierre Nkurunziza vient de suspendre les contributions aux élections de 2020.

S’adressant à la Nation à la veille de la célébration du 57ème anniversaire de l’Indépendance du Burundi, l’auteur d’une grave crise politique et sécuritaire qui secoue le pays depuis plus de quatre ans a déclaré, sans préciser le montant, que « la somme déjà collectée est suffisante pour le bon déroulement des élections de 2020 ».

Les Burundais sont sucés depuis plus de deux ans en vue de financer à eux seuls les élections de 2020.

Mais Pierre Nkurunziza demande encore à « ceux qui le veulent » de « continuer à contribuer de façon volontaire ». Il s’agit encore d’un appel non officiel à poursuivre la saignée des citoyens. Car les collectes de fonds non officielles sont légion au Burundi.

Boudé par ses anciens bailleurs de fonds tels que l’Union européenne (UE) et les Etats-Unis, le pouvoir de Bujumbura, avançant des raisons de « souveraineté », avait ordonné, vers la fin de 2017, aux Burundais de participer financièrement aux élections de 2020 sous la forme de «contribution volontaire ».

Cette décision a été contestée, surtout, par les fonctionnaires de l’Etat, dont la part de contribution était retenue à la source.

Par ailleurs, les deux confédérations syndicales du pays, à savoir, la Confédération des syndicats du Burundi (COSYBU) et la Confédération des syndicats libres du Burundi (CBS) avaient, dans leur lettre du 8 janvier 2019, appelé à l’ouverture d’un dialogue avec le gouvernement sur les contributions volontaires aux élections 2020.

Côté population, des lamentations faisaient état de forcing dans la collecte de cette contribution. Chaque ménage étant contraint à contribuer par environs 1.5 dollar, tandis qu’un élève devait verser 0.5 dollar.

Ce discours à la Nation intervient 48 heures après la publication du calendrier électoral pour les échéances de 2020 qui fixe la présidentielle et les législatives au 20 mai.

Au pouvoir depuis 2005, le président Nkurunziza a déjà annoncé qu’il ne sera pas candidat pour les prochaines échéances. Son 3ème mandat contesté et jugé illégal par l’opposition, la société civile et une partie de son propre camp (les frondeurs), a plongé le pays, depuis avril 2015, dans une profonde crise politique et sécuritaire.

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