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Le Burundi reste sous les radars de la CPI


Fatou Bensouda procureur de la cour pénale internationale

N’en déplaise aux ténors du régime sanguinaire du Burundi, le désengagement vis-à-vis de la Cour Pénale Internationale (CPI) ne rimera jamais avec l’impunité. Le Burundi reste en effet sous les radars de la CPI comme vient de le confirmer le porte-parole de cette institution dans une interview accordée à la Voix de l’Amérique à Entebbe en Ouganda.

Au contraire. Cette instance judiciaire internationale a plutôt indiqué que les enquêtes ont atteint un niveau satisfaisant.

«L’enquête est en cours et doit rester confidentielle pour garantir sa réussite. L’équipe du bureau du procureur est en train de réunir toutes les preuves nécessaires pour déterminer quels seraient les crimes les plus graves qui pourraient relever de l’autorité de la CPI pour poursuivre les auteurs », a souligné Fadi El Abdallah.

« Les présumés auteurs doivent être poursuivis même si le Burundi s’est retiré de la CPI depuis octobre 2017 au lendemain du début des enquêtes », a-t-il ajouté.

La CPI rassure les victimes : elle a toute une gamme de stratégies pour l’exécution de ses mandats d’arrêts.

« D’abord il y a des personnes qui se sont remises elles-mêmes à la CPI, d’autres peuvent être arrêtées alors qu’elles sont en voyage à l’extérieur de leur pays et puis il y a des mandats d’arrêts sous scellés confidentiels qui ne sont révélés que si les personnes suspectées sont dans un territoire sous autorité d’un pays qui accepte de coopérer et arrêter ces gens sans avoir été au courant de l’existence de ces mandats », a-t-il précisé.

S’adressant aux victimes de la machine à tuer de Pierre Nkurunziza, le porte-parole de la CPI est catégorique : « qu’elles sachent que la justice leur sera rendu, elle avance mais peut être pas au rythme de leur souhait. Même après dix ans, les mandats d’arrêts de la CPI ne tombent jamais en annulation car n’ont pas prescriptions. Les circonstances qui protègent les gens pendant un certain temps peuvent changer et rendre les arrestations beaucoup plus faciles » conclut Fadi El Abdallah.

Le Burundi s'est retiré de la CPI le 27 octobre 2017.

Selon l’ONU, Le Burundi est le théâtre d'une violente répression menée par le pouvoir depuis la décision du président Pierre Nkurunziza, en avril 2015, de briguer un nouveau mandat jugé illégal.

Fondée en 2002, la CPI, est le seul tribunal permanent qui juge les crimes de guerre, crimes contre l’humanité, le génocide et les crimes d’agression.

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