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Germain Rukuki condamné en appel à 32 ans de prison


Germain Rukuki, défenseur de droits humains au Burundi

La Cour d’Appel de Ntahangwa en mairie de Bujumbura vient de condamner Germain Rukuki, activiste burundais des droits de l’homme, à une lourde peine de 32 ans de prison pour participation à un «mouvement insurrectionnel», a rapporté lundi soir SOS-Médias/Burundi, un Collectif de journalistes indépendants.

«La cour d'appel de Ntahangwa vient de confirmer son incapacité à rendre la justice en toute impartialité», a déclaré Maître Armel Niyongere, militant des droits de l’homme et représentant de l’ONG SOS-Torture/Burundi.

«Germain Rukuki est condamné à 32 ans de prison pour son engagement à défendre les droits humains au Burundi», a-t-il ajouté.

Germain Rukuki a été accusé de participation «à un mouvement insurrectionnel dans le but de changer le régime constitutionnel, à l’assassinat de policiers et militaires à partir du 13 mai 2015 et à la dégradation de biens tant publics que privés».

Ancien employé de l’ONG ACAT-Burundi (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture), Germain Rukuki avait été arrêté en juillet 2017 à Bujumbura par des agents du Service des renseignements burundais.

En première instance, il avait été condamné à cette même peine le 26 avril 2018 par le Tribunal de Grande Instance de Ntahangwa. Son avocat a fait appel.

Cette condamnation a été dénoncée par plusieurs associations des droits de l’homme. Selon la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), c’est «la plus lourde peine jamais prononcée pour un défenseur des droits humains au Burundi», a déclaré cette organisation des droits de l’homme sur son compte twitter.

Non acquise au régime, son organisation, ACAT-Burundi fait partie des organisations de la société civile, suspendues par Bujumbura depuis le 19 octobre 2016.

Forcé à l’exil depuis plus de deux ans, Maître Armel Niyongere, son Président, a mis sur pied SOS-Torture Burundi qui établit des rapports hebdomadaires sur les actes de violations des droits de l’homme dans le pays. Les autorités burundaises soupçonnent Germain Rukuki d’être son relai local à Bujumbura. Certaines organisations de la société civile sont toujours accusées de collaborer avec l’opposition radicale.

Depuis fin avril 2015, le Burundi traverse une grave crise politique et sécuritaire déclenchée à la suite de la décision du Président Pierre Nkurunziza de briguer un 3ème mandat présidentiel, jugé illégal par l’opposition et la société civile. Les violences consécutives à cette crise ont déjà fait des milliers de morts et poussé des centaines de milliers de personnes à fuir le pays.

#Justice #Droitshumains