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La société civile en exil s’insurge contre une éventuelle participation de l’opposition aux élection


Membres du CNARED au début de sa formation

Onze organisations burundaises de la société civile en exil condamnent la volonté des membres du Conseil National pour le respect de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi et de l’Etat de droit(CNARED), principale plateforme de l’opposition en exil de «rentrer au Burundi et participer à toutes les élections de 2020», ont-elles déclaré dans un récent communiqué conjoint.

«Les organisations de la société civile en exil ont appris avec surprise, la volonté des membres du CNARED de rentrer au Burundi et participer à toutes les élections de 2020», déclarent-elles.

Début août, la principale plate-forme de l’opposition burundaise en exil (CNARED) a affirmé sa volonté de participer à tous les scrutins prévus.

«Le Cnared affirme sa volonté de participer à toutes les élections de 2020», a déclaré Anicet Niyonkuru, Secrétaire exécutif de cette plateforme.

«Les conditions requises pour des élections libres, transparentes et apaisées ne sont pas encore réunies», rétorquent les onze organisations signataires de cette déclaration.

Selon elles, «l’espace politique reste encore verrouillé par le pouvoir à l’égard des opposants et des personnes perçues comme tel».

Elles soulignent, en outre, les cas de violations des droits de l’homme qui se poursuivent dans le pays.

«De multiples cas d’assassinats et autres violations graves à caractère politico-ethnique sont toujours relevés par des organisations de défense des droits humains et un climat d’intolérance politique s’aggrave à l’approche des élections contestées de 2020 »

Tenant compte de cette situation, elles mettent en garde « tout acteur sociopolitique qui s’aventurerait à sacrifier la dignité des victimes sur l’autel des intérêts sectaires et égoïstes et tout compromis à ce sujet sera considéré comme une trahison à la nation burundaise».

Les organisations signataires sont : Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT-Burundi) ; Association des journalistes burundais en exil (AJBE) ; Collectif des avocats des victimes de crimes de droit international commis au Burundi (CAVIB) ; Coalition burundaise pour la cour pénale internationale (CB-CPI) ; Coalition burundaise des défenseurs des droits humains (CBDDH) ; Forum pour la conscience et le développement (FOCODE) ; Forum pour le renforcement de la société civile (FORSC) ; Mouvement des femmes et filles pour la paix et la sécurité (MFFPS) ; Réseau des citoyens probes (RCP) ; SOS-Torture/Burundi ; Union burundaise des journalistes (UBJ).

Les autorités burundaises n’ont pas encore réagi à cette déclaration.

Selon le calendrier déjà annoncé par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), les élections présidentielles et législatives se tiendront le 20 mai 2020. Les élections sénatoriales ont été fixées au 20 juillet et les élections des conseillers collinaires et des chefs de quartiers au 24 août. La campagne électorale démarrera le 25 avril.

Le Burundi chemine vers un nouveau rendez-vous électoral alors qu’une partie de leaders politique de l’opposition est toujours en exil. Depuis fin avril 2015, le Burundi traverse une grave crise politique émaillée de violences, déclenchée par la candidature controversée du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat.

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