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Le Mouvement d’Actions Patriotiques (MAP) réitère son appel à la réhabilitation de l’Accord d’Arusha


En cette période où tout patriote burundais commémore, la mort dans l’âme, la date anniversaire de la signature de l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi (28/8/2000), le Mouvement d’Actions Patriotiques réitère son appel à la réhabilitation de cet Accord historique et salutaire pour la Nation burundaise.

« MAP-BURUNDI BUHIRE lance un vibrant appel à toutes les forces vives de la nation, à tous les Burundais où ils se trouvent de se rassembler afin de contribuer à la Refondation de la Nation et de l’Etat burundais, le premier jalon étant la restauration de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation et la réhabilitation de la Constitution de 2005 », a déclaré Libérat Ntibashirakandi, porte-parole de ce mouvement citoyen, dans un communiqué circonstanciel.

Dans son épaisse déclaration, Libérat Ntibashirakandi ne manque pas d’attirer l’attention de l’opinion sur l’outrecuidance du Président burundais Pierre Nkurunziza qui, en squattant le trône à coup de mandats présidentiels illégaux (notamment le 3ème), a jeté aux oubliettes de l’histoire un Accord si précieux pour les Burundais et la communauté internationale.

« En s’octroyant le troisième mandat, en violation de l’Accord de Paix d’Arusha, de la constitution de 2005 qui en est issue et l’Accord Global de Cessez-le-feu entre le Gouvernement et le CNDD-FDD, le Président Nkurunziza et son parti CNDD-FDD ont tout remis en cause et dans le mépris total des burundais signataires de l’Accord de paix, des garants de cet accord pour la paix et de toutes les personnalités et organisations internationales qui lui ont déconseillé fortement de ne pas violer le dit accord », a déclaré le porte-parole du MAP-BURUNDI BUHIRE.

Selon le MAP-BURUNDI, l’ancien mouvement rebelle malencontreusement devenu parti présidentiel (CNDD-FDD) n’a jamais cru en l’Accord d’Arusha. « Il a toujours mis en avant le principe de la démocratie majoritaire et non l’esprit de l’accord de partage du pouvoir entre les Bahutu et les Batutsi ».

« En conséquence, la remise en cause des acquis d’Arusha a été mise en place progressivement, minutieusement et méthodiquement. La non-mise en œuvre de la justice transitionnelle fut la première violation du compromis d’Arusha. L’Accord d’Arusha mettait en avant la lutte contre l’impunité à travers la création d’une commission d’enquête pour déterminer s’il y a eu des crimes ».

Malgré cette regrettable trahison, le MAP-BURUNDI BUHIRE reste attaché à l’Accord d’Arusha et promet de se battre becs et ongles pour sa réhabilitation.

« L’Accord d’Arusha pour la Paix est un compromis entre les deux principales communautés Hutu et Tutsi dont l’esprit et la lettre sont la refondation de la Nation basée sur un système démocratique consociatif, les principes de dialogue et de consensus dans la résolution des conflits éventuels, des institutions de l’Etat qui rassurent et sécurisent toutes les composantes de la société burundaise, une constitution issue de cet accord qui respecte les principes de partage du pouvoir et la cogestion, la lutte contre l’impunité, les balises de réconciliation, la réforme des services de sécurité, la reconstruction et le développement ».

Dans ces conditions, ce mouvement citoyen précise qu’il ne se fait aucune illusion sur l’issue des prochaines élections de 2020.

«Organisées unilatéralement par un régime qui a enterré les Accords du peuple, les élections de 2020 ne peuvent pas être inclusives, transparentes, et crédibles. Elles ne peuvent qu’amplifier la crise qui dénature le Burundi et diviser pour longtemps encore les Burundais ».

Les conflits intercommunautaires pour lesquels l’Accord d’Arusha avait trouvé une issue « ont déjà resurgi en avril 2015 et vont s’amplifier davantage si rien n’est fait pour rétablir cet Accord dans les meilleurs délais », s’indigne Libérat Ntibashirakandi.

#Arusha #Hutu #Tutsi