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Réfugiés burundais en Tanzanie victimes de la politique du parti au pouvoir en Tanzanie


La Tanzanie a déclaré avoir conclu un accord avec le Burundi pour commencer à renvoyer tous les réfugiés burundais à partir d'octobre. Ce rapatriement forcé se déroulera en collaboration avec les Nations Unies.

Même si l'annonce de ce rapatriement forcé est troublante, elle devrait pas surprendre. Au cours des 15 dernières années, la Tanzanie a progressivement cessé de jouer le rôle de pays hôte aux réfugiés.

Le manifeste électoral de 2005 du parti au pouvoir en Tanzanie, Chama Cha Mapinduzi, incluait l'engagement de libérer la Tanzanie de "réfugiés" avant la fin de 2010. Leur justification était qu'il n'y avait pas assez d'aide internationale pour soutenir les camps et que les camps avaient un impact négatif sur les communautés hôtes voisines et la situation sécuritaire en Tanzanie.

Plutôt qu'une exception, la récente décision du gouvernement tanzanien de rapatrier de force les réfugiés burundais est le reflet d'une hostilité croissante à l'échelle mondiale à l'égard des réfugiés et des migrants.

Cet engagement politique du gouvernement Tanzanien a déjà conduit à des rapatriements forcés. En 2012, les exilés burundais résidents au camp de réfugiés de Mtabila, dont la plupart s'étaient réfugiés en Tanzanie dans les années 1990, ont été renvoyés au Burundi contre leur volonté et le camp a été fermé.

En 2018, la Tanzanie de John P Magufuli s'est retirée du cadre de réponse globale pour le bien être des réfugiés de l'ONU. Cette déclaration oblige les pays signataires à respecter les droits humains des réfugiés et des migrants et à soutenir les pays qui les accueillent. La Tanzanie avait invoqué le manque de financement international comme cause de cette décision.

La situation des réfugiés burundais est la moins financée au monde. En 2018, le HCR et ses partenaires n'ont reçu que 33% des US $ 391 millions nécessaires pour soutenir les réfugiés burundais.

La Convention de 1951 sur les réfugiés - dont le principe fondamental stipule qu'un réfugié ne devrait pas être renvoyé dans un pays où sa vie ou sa liberté est gravement menacée - a été ratifiée par 145 États, dont la Tanzanie.

La décision du gouvernement tanzanien de rapatrier les réfugiés burundais, en dépit des preuves selon lesquelles leur vie et leur liberté pourraient être menacées au Burundi, enfreint ce principe fondamental du non-refoulement.

Cette position de la Tanzanie, cependant, doit être vue dans le contexte global. La décision du gouvernement tanzanien d'expulser les réfugiés ne se produit pas dans un vide politique. Au contraire, il imite les politiques mises en œuvre par certains pays occidentaux, notamment les États-Unis, l'Australie, la France, la Hongrie et l'Italie.

Ces pays violent également la Convention; en empêchant les réfugiés d'entrer sur leur territoire, en mettant leur vie en danger et même en pénalisant ceux qui tentent de les aider.

Plutôt qu'une exception, la récente décision du gouvernement tanzanien de rapatrier de force les réfugiés burundais est le reflet d'une hostilité croissante à l'échelle mondiale à l'égard des réfugiés et des migrants.

#Réfugiés