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La Commission d'enquête des Nations Unies tire la sonnette d'alarme: Une violence alarmante


Moins d'un an avant les élections présidentielle, législatives et locales au Burundi en 2020, la Commission d'enquête des Nations Unies sur le Burundi (COIB) conclut dans son rapport rendu publique l'existence d'un climat de peur et d'intimidation de toutes les personnes qui ne montrent pas leurs soutien au parti au pouvoir, le CNDD-FDD.

Actuellement, les membres de la ligue de la jeunesse «Imbonerakure», d'agents du service national de renseignement et de la police, et des autorités locales continuent de commettre de graves violations des droits humains contre des citoyens burundais. En conséquence, la crise déclenchée en 2015, qui est d'ailleurs loin d'être résolue , a évoluée au point d'affecter tous les coins du pays.

Le rapport décrit comment les membres de la ligue de jeune Imbonerakure ont procédé à des meurtres, à des disparitions, à des arrestations et à des détentions arbitraires, à des actes de torture et à de mauvais traitements ainsi qu'à des viols contre des membres de l'opposition, réels ou présumés. La Commission constate que cette violence alarmante est alimentée par l'impunité généralisée qui règne au Burundi.

«Au Burundi, il est extrêmement dangereux de s’exprimer de manière critique aujourd’hui», explique le président du COIB, M. Doudou Diène. «L’étouffement de telles voix est ce qui permet au pays de présenter une illusion de calme», ajoute Lucy Asuagbor, commissaire de la COIB, mais «c’est un 'calme'' basé sur la terreur», déclare Françoise Hampson, commissaire de la COIB.

Il y a de signes qui prouvent que «Les crimes contre l'humanité et de très graves violations des droits de l'homme que nous avons documentées » continuent jusqu'aujourdhui.

Dans son rapport, la Commission explique en détail comment les autorités locales et les Imbonerakure intimident la population locale pour la forcer à adhérer, à soutenir et à contribuer au parti au pouvoir. Les femmes et les filles sont violées par les Imbonerakure lors d'attaques à leur domicile ou lorsqu'elles tentent de fuir le pays.

Les hommes - mais aussi les femmes - sont soumis à la torture sexuelle pendant leur détention par les services de renseignements. Cela se produit presque sans témoins, étant donné les restrictions sévères imposées aux médias indépendants et à la société civile, le système judiciaire dysfonctionnel et la fermeture récente du bureau de pays du Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme.

La Commission est actuellement le seul mécanisme international indépendant chargé d'enquêter sur les violations des droits de l'homme et les violations commises au Burundi.

Compte tenu de la période électorale politiquement sensible qui s'annonce, la COIB a également décidé de se tourner vers l'avenir. En appliquant le «Cadre d'analyse pour les atrocités criminelles» mis au point en 2014 par l'Office des Nations Unies pour la prévention du génocide et la Responsabilité de Protéger, la Commission a constaté que les huit facteurs de risque communs d'atrocités criminelles sont présents au Burundi.

«Il n'y a pas de meilleur système d'alerte précoce que celui-ci», a déclaré le président. «Notre analyse doit être soigneusement examinée si nous voulons que les engagements de prévention souvent répétés aient un sens».

Les commissaires appellent le gouvernement du Burundi à mettre fin aux violations des droits de l'homme commises par des agents de l'État et des Imbonerakure. Ils soulignent le besoin urgent de mettre en œuvre des mesures pour prévenir la détérioration de la situation des droits de l'homme dans le contexte des élections de 2020.

La Commission souligne que la communauté internationale doit suivre la situation au Burundi avec la plus grande vigilance.

Les conclusions de la Commission reposent sur plus de 1 200 déclarations de victimes témoins et d'auteurs présumés de violations des droits de l'homme, ainsi que sur d'autres sources recueillies au cours de trois années d'enquête.

Cette année, le gouvernement burundais a encore une fois refusé toute coopération avec la Commission, malgré ses demandes et initiatives répétées. La Commission présentera son rapport au Conseil des droits de l'homme lors d'un dialogue interactif qui se tiendra le 17 septembre 2019 à Genève.

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