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Des devises saisies et des cambistes interpellés pour «violation» de la réglementation de change au


Au moins 16 cambistes ont été interpelés et des sommes faramineuses de devises saisies à Bujumbura en deux jours, a déclaré Pierre Nkurikiye, porte-parole de la police burundaise.

Le premier coup de filet policier a visé un certain Kirahwata en zone urbaine de Rohero.

«En zone urbaine de Rohero (centre-ville de Bujumbura, Ndlr) au bureau de change appelé, Peace Exchange, le nommé SIMBANANIYE alias Kirahwata, a été interpellé par la police avec 3 personnes de ses travailleurs », a déclaré Pierre Nkurikiye.

Le lendemain, 12 cambistes ont été arrêtés et leurs devises confisquées.

Elles sont toutes accusées de «violation flagrante de réglementation de changes de la Banque centrale ».

Dans la foulée de ces arrestations, des devises étrangères ont été saisies, selon la police.

Mais la police n’a publié le montant saisi que lors de l’arrestation de Kirahwata.

«Au cours de cette opération, 101.886.500 Francs burundais (Fbu), 54.571 USD, 5060 Euros, 287.000 Shillings Tanzaniens et 1.080 Pounds ont été saisis», a ajouté le porte-parole de la police burundaise.

Le 18 septembre dernier, la Banque centrale du Burundi, BRB, a fixé une nouvelle réglementation de change pour l’adapter « aux réalités du moment», a déclaré dans un communiqué Jean Ciza, Gouverneur de la BRB.

La nouvelle réglementation de change est assortie de sévères sanctions vis-à-vis des changeurs de monnaie qui n’appliquent le taux officiel de la BRB.

La même réglementation promet un montant de 500.000 Fbu (environ 200 euros) à celui qui « dénonce » un bureau de change qui passe outre cette loi.

Il y a un écart énorme entre le taux officiel et le taux au marché parallèle des devises.

Les bureaux de change ont tendance à appliquer le tarif réel du marché pour avoir des clients. Ce dernier est quasiment le double du tarif officiel qui, pour des raisons politiques, est déconnecté de la réalité de l’économie burundaise.

Quatre ans de crise politico-sécuritaire ont affecté le Burundi aussi bien socialement qu'économiquement. Délaissé par ses principaux partenaires financiers, notamment l’UE, la Belgique, les Etats-Unis, le Burundi fait face à une situation économique très difficile.

Les réserves de change sont très faibles et restreignent considérablement les importations, même pour les produits que le gouvernement considère comme prioritaires tels que le carburant et les médicaments.

En conséquence, le franc burundais se déprécie à vue d’œil d’année en année.

En avril 2015, un dollar s’achetait à 1700 franc burundais, alors qu'en septembre courant le cours est passé à plus de 3000 francs burundais pour un seul dollar.

#Droitshumains #Arrestationsarbitraires