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Assassinats extrajudiciaires: Le président du sénat burundais a annoncé avoir offert de l'argent


Reverien Ndikuriyo, président du sénat Burundais

Le président du Sénat burundais a été pris pour cible par des critiques selon lesquelles il aurait mis la tête d'un homme mis la tête d’un homme à prix. Ce dernier était accusé d'avoir entraîné des milices au plus fort de la crise politique du pays en 2015.

Dans des commentaires enregistrés plus tôt en septembre, vérifiés jeudi par l'AFP, le chef de sénat, Reverien Ndikuriyo, a admis avoir offert 2 450 euros (2 600 euros) pour la tête d'un ancien soldat accusé d'avoir dispensé un entraînement militaire. Il déclare qu'il le voulait "mort ou en vie".

"Le président du Sénat a déclaré ces choses parce qu'il ne pouvait pas accepter que cet homme déstabilisait la ville de Matana (sud)", a déclaré jeudi à l'AFP son porte-parole, Gabby Bugaga, confirmant l'authenticité de l'enregistrement.

S'exprimant lors d'un rassemblement public dans la ville de Marangara, dans le nord du pays, Ndikuriyo a rappelé avoir visité la ville de Matana, où de nombreuses personnes avaient protesté contre le troisième mandat du président Pierre Nkurunziza.

«Il y avait un homme appelé Kaburimbo qui avait un centre de santé où il donnait une formation militaire aux gens. Quand j’y suis allé, j’ai dit: «Je veux Kaburimbo, mort ou vivant et j'ai offert cinq millions (francs burundais)», a-t-il déclaré.

«J'ai promis cinq millions si quelqu'un m'apportait sa tête. Cela devenait ainsi une compétition. Une personne n'a pas le droit de perturber la sécurité d'une ville et doit être éliminée si c'est le cas. "

L'enregistrement s'est répandu sur les médias sociaux ces derniers jours, des membres de l'opposition et de la société civile dénonçant "l'appel au meurtre".

“Rien n'est arrivé à Kaburimbo parce qu'il a fui le pays quand il a entendu (l'enregistrement). Il est toujours en vie », a déclaré Bugaga à l'AFP.

Ndikuriyo, qui est le troisième responsable politique le plus puissant du pays, a été critiqué en 2015 pour avoir menacé de «pulvériser» des opposants au régime qui ne déposent pas les armes.

Au moins 1 200 personnes ont été tuées dans des violences à la suite des élections de 2015 lors desquelles Nkurunziza a été réélu, et plus de 400 000 personnes ont été déplacées dans des violences entre avril 2015 et mai 2017, selon l'ONU.

Plus tôt ce mois-ci, une équipe d'enquêteurs des Nations Unies a mis en garde contre un climat de peur au Burundi avant les élections de 2020, avec des crimes contre l'humanité et d'autres violations graves se poursuivant dans l'impunité.

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