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Entre la Russie, la Chine, la Turquie et l'Egypte: Nkurunziza dans une danse diplomatique vertig


Pierre Nkurunziza au Parlement à Bujumbura, le 26 août 2005. Phoro Jose Cendon. AFP

Première Partie

Les investisseurs russes au Burundi ne peuvent pas être considérés comme des partenaires économiques valables. Totalement déconnectés des stratégies géopolitiques à Moscou, ces investisseurs sont en réalité des aventuriers frontaliers cherchant à faire des affaires à court terme pour faire le plus de profits possible, notamment dans les ventes d’armes et la contrebande de l’or volé au Congo

Tous les indicateurs et tous les observateurs objectifs s'accordent sur un fait: l'économie du Burundi ne va pas bien. Avec une croissance anémique sur fond de croissance démographique rapide; et sans fin en vue des sanctions des bailleurs de fonds contre le Burundi, les choses ne devraient pas s'améliorer bientôt.

La dernière stratégie agressive visant à contrôler toute la monnaie du pays par le biais d'un édit publié par la banque centrale trahit le désespoir du régime qui cherche désespérément à redresser le navire économique en train de couler.

Le régime du dictateur Pierre Nkurunziza étouffe économiquement principalement à cause de trois facteurs:

  • les sanctions économiques décrétées par l'Union européenne,

  • le trafic illégal et perquisitions intempestives et abusives de devises menés par la hiérarchie du régime à la Banque centrale pour s'emparer de la petite richesse du pays;

  • les évasions de richesses vers des comptes offshore privés,

  • les dépenses excessives qui vont vers le coût insoutenable de l'achat d'armes et,

  • le manque d'investissements étrangers.

La majorité des investisseurs étrangers sont réticents à investir au Burundi, considéré comme un pays à haut risque en raison de sa situation politique. À l'heure actuelle, tout investisseur potentiel devrait se mettre entre les mains du régime de Nkurunziza, avide d'argent et risquerait de tout perdre a tout moment.

La Chine a raffiné une politique de patience stratégique

Président Nkurunziza du Burundi avec son homologue chinois Xi Jinping

Même la Chine, puissante alliée du régime, n'ose pas investir dans le pays comme elle le fait dans d'autres pays comme le Kenya ou la Tanzanie. Sa politique économique est orientée vers l'attente. Au cours de cette période chaotique et dangereuse au Burundi, Beijing jette les bases d'un futur contrôle économique.

Il offre un soutien politique discret en bloquant toute intervention militaire internationale sérieuse qui viserait la protection de la population (stratégie diplomatique mise en œuvre avec la Russie), donne quelques millions de dollars pour se garder du bon coté du régime mais refuse des prêts importants qui pourraient ramener l’économie burundaise à la normale.

Cette tactique géostratégique a été adoptée afin de ne pas transiger ouvertement avec un régime incontrôlable. Une tactique qui permettra à la deuxième puissance mondiale d'initier une future coopération économique englobante, même avec l'éventualité d'un nouveau gouvernement même s'il est issu d'une campagne militaire de l'opposition ou d'un coup d'État au sein du CNDD-FDD.

Tout futur gouvernement se retrouvera à gérer un pays détruit socialement et économiquement, avec des réserves minières intéressantes mais sans infrastructure, une monnaie nationale hyper dévaluée et aucune réserve de monnaie forte (devises) à la Banque centrale. Dans cette situation post-régime, aucun gouvernement ne pourrait refuser l'aide économique chinoise visant à contrôler les richesses naturelles aux dépens des multinationales occidentales.

Les Russes n'y voient qu'un maillon faible qui facilite la contrebande de l'or congolais

Alain-Aimé Nyamitwe, ministre des affaires étrangère (limogé en Avril 2018) signant un accord de coopération entre le Burundi et la Russie

Les investisseurs russes au Burundi ne peuvent pas être considérés comme des partenaires économiques valables. Totalement déconnectés des stratégies géopolitiques à Moscou, ces investisseurs sont en réalité des aventuriers frontaliers cherchant à faire des affaires à court terme pour faire le plus de profits possible, notamment dans les ventes d’armes et la contrebande de l’or volé au Congo. Le commerce de l'or congolais reste l'une des dernières sources de soutien du régime, mais les bénéfices doivent être partagés avec le groupe terroriste rwandais FDLR qui, basé sur l'or et le coltan du Congo.

Turquie et Egypte: de nouveaux alliés mais que vont-ils offrir et que cherchent-ils?

Depuis un bon bout de temps, il se remarque des manœuvres de nouveaux alliés du régime: l’Égypte et la Turquie. Des alliances purement opportunistes visant à renforcer les politiques nationales (le cas égyptien) ou pour la Turquie, à prendre en charge une part importante du marché minier dans la region, le cas turc.

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