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Pierre Nkurunziza plante sa tente à Gasenyi et chasse le petit commerce dans les parages


A peine installé dans son palais flambant neuf de Gasenyi vers le nord-ouest de Bujumbura, le Président burundais, Pierre Nkurunziza se sent déjà étouffé par les petites gens qui gagnent péniblement leur vie via le petit commerce ou la vente à la «crier» sur une route nationale (RN1) proche.

Du coup, son réflexe d’auto-claustration ressurgit et demande à tout le monde de se barrer, en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.

Exit donc la foule de paisibles petits commerçants qui jonchait cette voie, via la Gare du Nord, joint Bujumbura, capitale économique, à Gitega, capitale politique ainsi que le nord du Burundi.

Cet axe leur est désormais fermé. Le Maire de Bujumbura, fidèle porte-voix du Président, vient d’intimer l’ordre à tout le monde de fermer boutique ou de mettre la clé sous le paillasson.

Leur présence massive est un sérieux danger pour le Président et son entourage.

Il sied de rappeler, d’entrée de jeu, que Pierre Nkurunziza s’est fait accompagner par ses deux vice-présidents à Gasenyi.

Privés de leur unique source de revenus, les milliers de commerçants ont naturellement le blues. Ils sont inconsolables.

«C’est notre survie qui est en jeu », tel est le cri de détresse exprimé par une vendeuse de rue lors d’une réunion de la honte tenue a Bujumbura par le Maire Freddy Mbonimpa à l’endroit des concernés pour leur donner l’ordre de déguerpir.

«Je vends des arachides que je dispose sur de petites tables aux abords de la route. Si demain, je me vois obligée de suspendre mon activité sur cette voie, comment vais-je nourrir mes enfants?», susurre Susanne, une vendeuse de rue….dans la quarantaine.

En face d’elle, il y a Aymeric, fabricant de chaises dans une cabane en roseaux. Les yeux hagards, il lance : «Si je n’ai pas la liberté d’étaler ma marchandise devant ma porte, qui saura qu’il y a un point de vente ici?»

Autant Pierre Nkurunziza avait barré le Boulevard de l’Uprona en plein centre-ville de Bujumbura, près de ses anciens bureaux, pour se prémunir de toute attaque, autant il balaie la RN1.

La psychose ne le quitte pas. Pourtant, il n’y a aucun chef d’Etat aussi bien gardé que lui.

A chaque passage de son convoi, les riverains de la route, y compris les policiers/militaires en dehors de sa garde, sont sommés de regarder ailleurs.

Il offre chaque fois ce spectacle gratuit à ceux qui sont supposés l’avoir élu Président.

#PalaisdeGasenyi