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La Police burundaise fouille plus qu’elle ne protège


La police burundaise finit par l’avouer d’elle-même : elle passe le plus clair de son temps à mettre les quartiers sens dessus-dessous par des fouilles intempestives en quête des armes de l’ennemi réel ou supposé.

Dans un rapport semestriel publiquement présenté par Alain Guillaume Bunyoni, Ministre de la sécurité publique et de la gestion des catastrophes, il ressort clairement que des milliers de fouilles intempestives ont été organisées par la police burundaise.

Ces visites surprise et musclées de la police burundaises dans les quartiers paisibles s’inscrivent dans le cadre des actions de «lutte contre la criminalité et le terrorisme».

Ainsi, selon Alain Guillaume Bunyoni, «4131 fouilles et perquisitions ont été effectuées et ont eu pour résultats : saisie de 27 armes, 88 grenades, 1257 munitions, 2 bombes pour mortier 60 et 28 chargeurs».

Alain Guillaume Bunyoni a également ajouté que « 2408 présumés auteurs de diverses infractions ont été arrêtés ».

Si la police burundaise avoue qu’elle fait souvent face localement aux « criminels » et aux « terroristes », elle reconnaît tout aussi que le Burundi n’est pas pour autant un havre de paix tant vanté par les autorités à longueur de journées.

Quoi qu’officiel, ce bilan fait abstraction d’une autre réalité connue et contée uniquement par les victimes de ces fouilles et perquisitions annoncées : certaines armes ou munitions sont apportées par les policiers à l’insu des personnes visitées, juste pour avoir des éléments à charge afin de les importuner ou de les mettre au noir sur ordre de la hiérarchie.

Plusieurs militants de l’opposition, notamment ceux du parti Congrès national pour la liberté (CNL) ont été appréhendés pour détention d’armes illégales alors qu’ils n’en avaient aucune.

D’autres ont été obligés de soudoyer les policiers pour garder la vie sauve.

Dans tous les cas, le bilan fourni par le Ministère de la sécurité publique est largement mensonger comme tous les autres rapports des autorités burundaises, notamment en matière des droits de l’homme ou des recettes fiscales.

Dans son rapport semestriel, le Ministre Bunyoni a en outre précisé que «59121 litres de boissons prohibées ont été déversées, 464,7 kg et 3182 boules de chanvre ont été détruits».

Le Ministre refuse sciemment de commenter le fait que des policiers aient été surpris en flagrant délit de commercialisation ou de consommation des ces boissons dites prohibées. C’est devenu monnaie courante dans les quartiers populaires de Kamenge, Kinama, Buterere…..la quantité saisie ou déversée appartient à ceux qui refusent de collaborer ou de graisser la patte du chef.

Le véritable bilan semestriel et tu dans un pays ou le gain le l’estomac prime sur le gain de l’esprit.

#Police #Corruption