• John Harrington Ndeta( Journal Kenyan le STAR)

Nkurunziza se présentera t-il ou se présentera pas?: La naissance de deux factions puissantes en com


Pierre Nkurunziza et Alain-Guillaume Bunyoni

La décision de Nkurunziza de ne pas contester, aux yeux de plusieurs observateurs, met les gens dans une position extrêmement délicate. Le principal conflit ne concerne pas l'opposition et le parti au pouvoir, mais les factions au sein du Conseil national au pouvoir pour la défense de la démocratie - Forces pour la défense de la démocratie.

Le peuple burundais se rendra au scrutin de mai 2020 pour élire un nouveau dirigeant lorsque le mandat du président Pierre Nkurunziza prendra officiellement fin. Tout en espérant que le président tienne sa promesse de ne pas se présenter comme candidat aux présidentielles malgré le référendum de 2018 qui a modifiée la constitution et qui visiblement lui permet de se représenter s'il le désire. Beaucoup ont compris que cette modification constitutionnelle faisait partie des manœuvres de Nkurunziza pour rester en poste, car il se considère encore jeune, à seulement 54 ans.

Ses déclarations répétées sur le fait qu'il ne se présentera pas aux prochaines élections ont conduit à la formation de deux factions puissantes au sein de son parti (le CNDD-FDD), qui divisent le pays en deux. Les dirigeants burundais soutiennent que le pays est stable et que les rues de la capitale, Bujumbura, sont animées. Mais derrière cette façade, certains habitants affirment vivre dans la crainte.

La décision de Nkurunziza de ne pas se présenter pour sa propre succession, aux yeux de plusieurs observateurs dont l'église, met les gens dans une position extrêmement délicate. Le principal conflit pour le moment ne concerne pas l'opposition et le parti au pouvoir, mais les factions au sein du parti au pouvoir, le Conseil National pour la défense de la démocratie - Forces pour la défense de la démocratie.

Les politiciens du parti au pouvoir comme Silas Ntigurigwa et Alain-Guillaume Bunyoni, tous deux généraux de l'armée, disposeraient d'énormes sommes d'argent et seraient déjà entrain de faire campagne dans le pays et il n'y a visiblement pas aucun signe qui indique clairement qui gagnerait entre les deux et comment le perdant va réagir. Ces politiciens ont une forte opinion, et ne peuvent pas être facilement révoqués et cristallisent les positions radicales des électeurs au sein de la mouvance présidentielle.

Selon des experts politiques, le parti au pouvoir a déjà commencé à faire campagne pour Nkurunziza et les tractations des jeunes du parti ont pour but de donner au président une raison de rester au pouvoir jusqu'en 2034.

Le principal problème qui a été soulevé est que le parti au pouvoir a de grandes chances d’élargir le leadership actuel, mais le problème persistant est de savoir comment les personnes au pouvoir gèrent la transition. Cela s'est compliqué lorsque apparemment un vote interne visant à décider si Nkurunziza pouvait continuer à exercer ses fonctions a rendu un «oui» en 2018.

Même au sein de son parti, ils ne sont pas nombreux à croire Nkurunziza quand il dit qu’il ne se présentera pas aux élections de 2020. Les critiques ont accusé le gouvernement d'intimider les gens en leur demandant de voter «oui» au référendum constitutionnel de 2018 et de harceler tous ceux qui sont soupçonnés d'avoir prétendument soutenu les partis d'opposition.

Le sentiment sur le terrain est que le gouvernement de Nkurunziza n’a rien fait pour ouvrir l’espace politique et beaucoup craignent que les élections de 2020 se déroulent dans un climat d’intimidation politique et de violence, non seulement entre le parti au pouvoir et l’opposition, mais au sein même du gouvernement.

Partout au pays, les partisans du parti au pouvoir et les partis de l’opposition se regardent avec hostilité. Les tensions sont particulièrement fortes dans les provinces de Ngozi, Muyinga et Kirundo, au nord du Burundi, et de Makamba, au sud.

La division politique, comme dans beaucoup d'autres pays africains, a malheureusement provoqué des fractures ethniques et tribales qui divisent les Burundais entre Hutu, Tutsi et Twa.

Le ministre des Affaires étrangères, Ezechiel Nibigira, a déclaré lors de l'Assemblée des Nations Unies qu'il existait un climat de plus en plus favorable à des élections libres, transparentes et calmes, mais les preuves sur le terrain montrent plutôt que la situation est volatile avec risque d’embrasement a tout moment.

#CNDDFDD #PierreNkurunziza #Elections2020