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Annoncer son départ sans désigner son successeur: va t-il partir ou veut-il s’octroyer une bouffée d


Pour les sceptiques, l'annonce de Nkurunziza qu'il ne présentera pas sa candidature aux élections présidentielles de mai 2020 sonne creux ou tout au moins fallacieux.

Quoi qu'il l'ait répété a maintes reprises, les sceptiques n'y voient aucunement d'assurances de son départ. A deux mois seulement de la clôture du dépôt de candidatures, Nkurunziza et son parti le CNDD-FDD qui contrôlent tous les leviers du pouvoir n'ont toujours pas annoncé le nom du successeur de l'actuel président.

Comme pour montrer qu'il tenait à sa décision de ne pas présenter sa candidatures a sa propre succession, il encore une fois annoncé sa décision devant les corps de défense lors d'un fête de voeux de fin d'année qu'il avait organisée dans la nouvelle capitale Gitega. «Cette fête est ma dernière (en tant que president), l’année prochaine à la même période ce n’est pas moi qui prendra la parole, vous serez en train de faire une cérémonie pour un nouveau chef d’État », avait-il déclaré devant les hommes et femmes chargés de faire respecter et valoir sa volonté dans tout le pays.

Les élections comme l'a déjà déclaré la Ceni (La Commission Electorale Nationale Independante) auront lieu au 20 mai 2020, Contrairement aux élections antérieures, la présidentielle sera couplée à des législatives et des communales probablement à cause du manque de moyens financiers suffisants.

Malgre cette annonce du président qui déclare haut et fort sa volonté de ne pas briguer un nouveau mandat, l’opposition en exil, la société civile ainsi que de nombreux diplomates doutent de sa bonne fois et de son intention.

Pour nombreux observateurs, Nkurunziza «est passé maître dans l’art de dissimuler son jeu. En 2015, il avait annoncé sa candidature à la fin d’avril, à peine trois mois avant l’élection, affirme un ancien habitué du palais. On a vu le résultat. Il prend cette fois toutes les précautions et attendra la dernière minute s’il le faut. »

En jouant ce jeu, il se donne du temps pour voir ses détracteurs internes et, s'il le faut les anéantir avant qu'ils ne s'aventurent à le limoger comme avait voulu le faire en 2015 son ancien compagnon des maquis et chef d'etat major des armées, le général Godefroid Niyombare. Il déboussole l'opposition qui s'était coalisée contre son troisième mandat et évite une remontée de pressions de la part de ses partenaires régionaux (surtout la Tanzanie) et internationaux qui ne sauraient plus le défendre si la crise déclenchée en 2015 s'empire.

D'autres observateurs pointent du doigt la constitution que Nkurunziza semble avoir fait tailler sur mesure. «Pourquoi donnerait-il a son successeur un aussi délicieux cadeau de pouvoirs présidentiels illimités, un mandat présidentiel de 7 ans renouvelable, et la possibilité de se débarrasser des accords d'arusha (qui avaient entraver des ambitions) en 5 ans seulement?»

En annonçant son intention de se retirer de la course presidentielle , le président Pierre Nkurunziza qui d'une manière subite semble avoir retrouvé son côté sage, est probablement entrain de mener son meilleur jeu de poker politique. Il semble chercher à s’octroyer une bouffée d’oxygène pour mieux brouiller les pistes.

Quels que soient son intention ou calculs politiques, il ne lui reste que deux mois (date de cloture de depots de candidatures) pour devoiler sa main!

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