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Balayage au sein de la garde des dirigeants: mystérieuse disparition de deux tireurs d’élite proche


Rénovat Ndayiragije, un des tireurs d'élite visés par le pouvoir. Il est porté disparu depuis vendredi le 3 Janvier 2020

L’armée burundaise vient de perdre, coup sur coup, deux de ses tireurs d’élite dans des circonstances pour le moins mystérieuses. L’un est porté disparu alors que l’autre a été tué peu avant la disparition du premier.

Le tireur d’élite dont l’assassinat a été simulé en suicide est un certain Tharcisse Macumi. Ce caporal-chef de l’armée burundaise était affecté au 22eme bataillon blindé de Gitega. Sa famille et ses proches ont perdu toutes ses traces depuis dimanche 29 décembre dernier.

Son cadavre a finalement été trouvé pendu sur un arbre. Ses assassins ont voulu simuler un suicide avant que l'enquête de la police judiciaire ne confirme qu'il avait plutôt été étranglé. Ses bourreaux lui ont aussi coupé la langue.

Selon ses proches, Tharcisse Macumi se doutait de quelque chose et vivait dans la peur depuis un certain temps.

Il faisait partie de la garde du palais présidentiel de Gitega. Il avait en effet eu échos des soupçons selon lesquels il carburerait pour la rébellion.

Or, aujourd’hui comme hier, lorsqu’un tel soupçon pèse sur un militaire de l’armée régulière, tireur d’élite et de surcroît membre de la garde rapprochée du Président Pierre Nkurunziza, cela équivaut à une peine de mort exécutoire, illico.

La sentence a été effectivement exécutée. Le caporal-chef Tharcisse Macumi a été inhumé lundi dans sa commune d'origine à Rutovu. Le trait est tiré pour ce tireur d’élite.

C’est sans doute aussi pareil pour Rénovat Ndayiragije, autre militaire tireur d'élite affecté à la garde rapprochée du Lieutenant-Général Prime Niyongabo, chef d'état-major général de l'armée burundaise.

Sa famille et ses proches l’ont perdu de vue depuis vendredi. Ils s'inquiètent et appellent au secours.

Il avait en effet demandé et reçu un congé pour se rendre dans sa famille à Ruyigi. Ses téléphones sont éteints depuis vendredi après-midi.

Selon ses proches, Rénovat Ndayiragije n’est même pas arrivé à Ruyigi. Il a sans doute été happé en route.

Chacun sait qu’aucune enquête ne sera commanditée pour étayer ces deux cas d’assassinats.

Mais au sein de l’armée, la disparition simultanée de ces deux tireurs d’élite devait faire réfléchir plus d’un.

Depuis un certain temps, le Burundi est aux prises avec une certaine rébellion déterminée qui a déjà planté sa tente dans la forêt profonde de la Kibira.

Certains militaires de l’armée régulière se sont récemment joints à ces combattants de la liberté. Les autres, lassés par l’aveuglement d’un régime sanguinaire et sans vision, sont de cœur avec cette rébellion, quoiqu’encore sous les drapeaux.

La hiérarchie ne le sait que trop. C’est ainsi qu’elle ordonne la mise à mort de tous les hommes en treillis soupçonnés d’être de mèche avec ces rebelles qui forcent le respect et l’attachement.

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