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Les tutsis administrateurs communaux forcés de déguerpir pour rater le magot promis


Un des monuments érigés par le parti CNDD-FDD un peu partout dans le pays. (caratuvunye = nous avons soufferts pour arriver au pouvoir | Ntiturota tukirekura = Nous ne comptons pas facilement lâcher le pouvoir)

A l’approche des élections de 2020, les administrateurs communaux issus de la communauté ethnique tutsie sont dans le viseur du système DD. Pour des broutilles ou d’autres arrangements factices, ils sont éjectés de leur postes et remplacés par des hutus préalablement identifiés.

Selon une source au cœur du parti présidentiel, ce mystérieux jeu de chaise musical à l’échelle communal est improvisé dans l’unique but de leur faire rater la cagnotte de plus de 10 millions de francs burundais déjà promise à chaque administrateur à la fin du dernier quinquennat constitutionnel.

Le système CNDD-FDD a pris la décision de les pousser précocement à la sortie.

Dans les quatre coins du Burundi, ces administrateurs tutsis sont donc débarqués comme des va-nu-pieds à la surprise générale.

A titre exemplatif, Nestor Nijimbere, administrateur de la commune Bururi de la même province a été forcé de démissionner le 31 décembre dernier.

C’est aussi à cette période que le Conseil communal de la commune Cankuzo dans la province de Cankuzo a dégommé Monsieur Innocent Nyandwi, Administrateur communal.

Quelques mois plus tôt, le conseil communal de Gashikanwa en province Ngozi avait acculé Madame Jeanne Françoise Ndayiragije à jeter l’éponge.

Selon notre source auprès de la commune, elle a remis le tablier sous pression de ses compagnons du parti présidentiel. Elle était accusée de laisser les opposants exercer dans sa circonscription.

« Dans son entité, les opposants surtout les militants du parti Congrès National pour la Liberté gagnent du terrain. Cela provoque une psychose au sein du parti CNDD-FDD craignant de perdre lors des prochaines élections. Le tort est jeté sur l’autorité communale accusée de laisser le champ libre à l’opposition », a déclaré aux médias locaux un citoyen de Ngozi.

La chasse aux sorcières se poursuit. Selon des témoignages concordants, ces administrateurs communaux issus de la communauté ethnique tutsis seraient également écartés pour ne pas damer le pion aux candidats hutus lors des prochaines élections. Alors que ce poste les met a priori en position utile, le parti au pouvoir entend désormais aligner des candidats dont il est sûr du message véhiculé et de l’imprégnation de l’idéologie.

En outre, rares sont les membres de la communauté ethnique tutsie qui ont été élus sur les collines lors des élections primaires organisées l’été dernier sur chaque colline du Burundi.

Pourtant, ce sont les 5 candidats élus sur chaque colline qui, le 25 janvier 2020, devaient élire à leur tour le candidat à l’élection présidentielle. Il leur a également été dit que les futurs mandataires politiques seront issus de ces candidats.

Lors de ces élections, même les députés ou les ministres militants du parti de l’aigle ont dû se plier à cet impératif en allant se faire élire chacun sur leur colline.

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