• burundidaily

Clément Nkurunziza, victime expiatoire d’une haine ethnique qui ne tait pas son nom


Expulsé manu militari du pays de l’Oncle Sam en mars 2018, l’ancien président de l’Association des étudiants de Rumuri (ASSER), Clément Nkurunziza est toujours dans la gueule du loup judiciaire burundais. 

Le 23 mars 2018, la police burundaise s’est fendue d’un tweet annonçant triomphalement son expulsion : «Nkurunziza Clément expulsé des USA pour séjour irrégulier et reçu hier à l’aéroport international de Bujumbura par la police burundaise pour enquête ». 

Clément Nkurunziza a été mis au noir dans la prison de Ngozi, terroir natal du Chef de l’Etat, Pierre Nkurunziza. Son procès piétine. 

Si Washington accusé Clément de « séjour irrégulier », les hutus extrémistes qui polluent la sphère du pouvoir au Burundi ont leur propre chef d’accusation. « Clément Nkurunziza est accusé d’être le planificateur des massacres des étudiants Hutu, survenus dans la nuit du 11-12 juin 1995 à l’Université du Burundi, lors d’une opération baptisée « GUKURA IMICAFU Y’ABAHUTU », ont-ils twitté comme pour le livrer à la vindicte populaire hutue.

Ainsi, ces extrémistes hutus, dont une bonne frange était artisane de son expulsion et de son incarcération, ont-ils ostentatoirement salué cette persécution programmée. Et pour cause : à y regarder de très près, l’incarcération de Clément Nkurunziza est riche de symbole.

Il s’agit d’une victime à la fois ciblée et expiatoire d’une haine doublement poisseuse et historique que certains hutus encore au stade reptilien ne cessent de nourrir envers les tutsis.

Le cas Clément mérite donc une attention particulière. Autant de la part de la communauté internationale que des Burundais eux-mêmes.

Ceux qui étaient avec Clément à l’Université du Burundi savent bien qu’il n’a orchestré aucune tragédie. Il était simplement à la tête d’une communauté universitaire gangrénée par la haine ethnique comme l’était toute la société burundaise.

Il paie pour ça. L’heure est à la chasse des symboles. Nul n’a le droit de regarder ailleurs.