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La CVR n’a d’yeux que pour les victimes de 1972


Pilotée par l’Ambassadeur Pierre Claver Ndayicariye (deux fois président de la Commission nationale électorale), la Commission vérité/réconciliation (CVR) a choisi son camp.

Son champ d’investigation de prédilection est d’abord et avant tout les présumées fosses communes recelant des restes des victimes de la tragédie de 1972 dont les hutus se disent avoir été massivement victimes. 

A moins de quatre mois de nouvelles élections générales, Pierre Claver Ndayicariye affine sa stratégie pour rappeler aux hutus d’aujourd’hui que leurs sœurs et frères ont été engloutis par une machine à tuer, bien huilée par les faucons tutsis qui contrôlaient tous les rouages de l’Etat.

« Nos sœurs et nos frères ont été enterrés ici par milliers, nous envoyons les ossements », a-t-il déclaré lundi, depuis la commune de Shombo dans la province de Karuzi.

Pierre Claver Ndayicariye a fait ces déclarations à l’occasion du lancement officiel des cérémonies d’exhumation des restes des victimes de la crise de 1972. Dans les parages de la Ruvubu, sur la colline Bukirasazi, le Président de la Commission nationale Vérité/Réconciliation a déclaré qu’il y au moins 14 fosses communes regorgeant, au total plus de 7000 âmes.

« Nous avons des témoignages concordants selon lesquels certaines victimes étaient enterrées vivantes, exfiltrées de la prison de Gitega », a déclaré le Président de la CVR.

Le gouverneur de Karuzi lui a emboité le pas en demandant au gouvernement burundais d’ériger un monument à Karuzi en mémoire de toutes ces victimes.

Selon de nombreux observateurs, Pierre Claver Ndayicariye ravive le débat sur la tragédie (regrettable cela va sans dire) de 1972 à des fins électoralistes pour attirer l’attention de la masse hutue sur l’épée de Damoclès qui pèse encore sur elle.