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Pierre Nkurunziza fond en larmes face à son exceptionnel bilan


Alors que les Burundais et le monde entier attendaient impatiemment la tardive fin de son ère, le Président burundais, Pierre Nkurunziza détonne et étonne en exhortant son parti à marquer à jamais et en lettres d’or son exceptionnel bilan.  

C’était la semaine dernière. A l’occasion des trois jours de prière organisés à Gitega.

Le président burundais ne s’est pas empêché d’écraser une larme à la joue en évoquant le travail abattu en quinze ans de règne.

Reprenant une palette de crimes imputés aux régimes des partis Uprona et Frodebu depuis l’indépendance, Pierre Nkurunziza s’est posé en un président différent à plus d’un titre.

« Mon parti reste le seul à régner pendant plus d’une quinzaine d’années en organisant des élections libres et transparentes ; c’est aussi le seul parti hutu dont le président et son gouvernement ont duré longtemps ». « J’ai donc réussi là où les autres Hutu avaient échoué », a-t-il conclu gaillardement.

C’est à se demander si Pierre Nkurunziza s’est irrésistiblement accroché au 3ème mandat illégal et mortifère uniquement pour faire durer son règne et battre son propre record de longévité.

C’est à se demander s’il est conscient des dégâts incommensurables occasionnés par ce mandat de la honte.

Mais à l’heure du bilan, Pierre Nkurunziza reste aussi pour le moins énigmatique, notamment quand il a évoqué ses « promesses non tenues » à l’endroit des militants de son parti. « Je reconnais qu’il existe encore des défis, notamment les promesses faites aux Bagumyabanga non encore réalisées et le faible taux de participation à la croisade de prière. Tels sont les principales difficultés auxquelles mon successeur va apporter de solutions », a-t-il publiquement déclaré. Ici son message est centré, non sur la faible participation à ses croisades de prière, mais sur le non-dit qui entoure les « promesses non réalisées ». Plus réaliste que le président, l’Archevêque Simon Ntamwana qui participait à cette grand’messe lui a brossé le tableau moins pompeux et plus réaliste. «Le chemin à parcourir reste long et jonché d’embuches : la misère et la disette font chaque jour des victimes, sans oublier les conditions déplorables qui minent la vie des réfugiés aux Rwanda, au Kenya, en Tanzanie et en Rd Congo ainsi que dans les sites des déplacés intérieurs », a-t-il déclaré.