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Le maire de la ville de Bujumbura prend en otage les partis politiques


Freddy Mbonimpa, maire de Bujumbura

A trois mois du début du processus électoral, la mairie de Bujumbura s'empresse à mettre les bâtons dans les roues des partis politiques. 

Dans une réunion de la commission électorale nationale indépendante avec les représentants des partis politiques tenue ce mardi, le maire de la ville de Bujumbura, Freddy Mbonimpa a exigé les partis d'être représentés dans les comités mixte de sécurité. Selon lui, désormais les partis qui ne le feront pas n'auront plus la permission d'exercer dans la mairie de Bujumbura. "C'est impératif, un parti politique qui n'a pas de membre dans le comité mixte de sécurité ne sera plus autorisé à tenir des réunion dans la municipalité de Bujumbura car c'est un sabotage qu'on ne peut accepter. On va considérer que ce parti n'existe plus, il perdra automatiquement son statut en mairie de Bujumbura", a souligné Freddy Mbonimpa, maire de la ville de Bujumbura. D'après ses dires, la reconnaissance d'une formation politique est finalement garantie par la participation des les comités mixtes de sécurité. Et ces derniers sont réputés d'être formés par les Imbonerakure qui font souvent la loi. Mr Mbonimpa veut casser ce mythe . "Cette suspicion doit cesser et les comités mixtes doivent être plus représentatifs en termes d'ethnies et de partis politiques" a-t-il ajouté. Le ministère de l'intérieur soutient la décision. "C'est clair et même les gouverneurs des autres provinces devraient faire de même car la sécurité prime avant tout. C'est une décision à saluer" a indiqué le porte-parole du ministère de l'intérieur Tharcisse Niyongabo. Cependant, pour les partis politiques, c'est une forme de leur barrer la route vers les élections de mai 2020. "C'est une décision anticonstitutionnelle visant les partis d'opposition. Alors il faut annoncer que l'opposition n'a pas droit d'exercer au lieu de se cacher derrière cette mesure" ont fait savoir plusieurs représentants des partis d'opposition conviés à la réunion. D'autres affirment que la mesure a déjà commencé à être exécuté dans différents coins du pays. Et d'ailleurs, les militants d'opposition ont déjà payé un lourd tribu face à cette décision. "Apparement, c'est une mesure prise par toute l'administration du pays. Dans la province de Ngozi, plusieurs membres du CNL sont en prison parce que le gouverneur de Ngozi a pris une décision pareille" a dit Agathon Rwasa, leader du CNL avant d'insinuer que que le pouvoir veut prendre des mesures qui excluent une catégorie des gens au détriment des autres. Ces politiciens s'inquiètent de ces mesures qui se prennent à trois des meetings. "Le pouvoir veut nous disqualifier déjà avant que nous étalions nos programmes de société dans les meetings. C'est sur que bon nombre d'entre nous serons empêchés à aller sur terrain à cause de la fameuse décision" ont-ils insister avant de demander qu'ils soient laissés libres pour faire la politique. Il s'agit de restrictions prises alors que plusieurs partis politiques ont déjà présentés leur candidats aux présidentielles et législatives de mai 2020.

Le dernier en date est Évariste Ndayishimiye, un ex général de l'armée, qui va représenter le parti au pouvoir. Il a porté à sept le nombre de candidats déjà déclarés.