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Burundi: Vers un processus électoral qui est tout sauf apaisé, libre, inclusif et transparent

Mis à jour : févr. 5

A une poignée de mois des élections générales au Burundi, le Mouvement d’Actions Patriotiques, MAP-BURUNDI BUHIRE réitère son appel de juin 2019 sur les prochaines élections que préparent à la va-vite le régime CNDD-FDD.

De l’avis de cette organisation, la situation socio-politique- économique et sécuritaire qui prévaut actuellement au Burundi ne permet pas l’organisation des élections apaisées, libres, inclusives et transparentes en 2020.

Les dés sont déjà pipés. Comme il est certain que les principaux acteurs ne changeront que de place dans le même attelage de l’infamie, le CNDD-FDD fera simplement du neuf avec du vieux.

Le MAP-Burundi Buhire reste donc convaincu que la situation restera aussi chaotique, sinon plus, qu’elle l’est aujourd’hui. Ce mouvement illustre son appréhension en plusieurs points.

Notamment parce que « le parti au pouvoir, CNDD-FDD verrouille l’espace politique, opère seul et se confond avec les institutions publiques, notamment le Parlement, le Senat, la Justice, les Forces de Défense et de Sécurité, les institutions électorales, etc.»

Ensuite car « l’intolérance politique est manifeste et se concrétise dans de multiples violations des droits fondamentaux contre des membres des partis d’opposition, des disparitions forcées, des tortures, des viols de femmes et filles, des emprisonnements des adversaires politiques, des journalistes et des membres des organisations de la société civile, etc.

Tous les cadres d’expression sont abusivement verrouillés par les autorités administratives et policières.»

Enfin, « l’environnement est explosif, l’insécurité est généralisée, les slogans de haine politique et d’exclusion ethnique sont monnaie courante, la terreur constamment orchestrée par les Imbonerakure (milice du pouvoir en place) et certains éléments des forces nationales de défense et de sécurité, les massacres des citoyens se font chaque jour, etc.»

Tout en précisant a priori qu’il ne va jamais cautionner un tel processus électoral, le MAP-Burundi propose des pistes de solutions en vue d’une sortie de crise : Il s’agit d’abord et avant tout de « suspendre immédiatement l’organisation des élections en 2020 » et « d’organiser en dehors du Burundi une Conférence internationale sur l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation ».

Il va falloir, ensuite, « restaurer l’Accord d’Arusha et la Constitution de mars 2005 », « relancer le Dialogue Inter-Burundais en dehors du Burundi sous la houlette de l’Union Africaine et/ou des Nations Unies » et « négocier le déploiement d’une Force Internationale de Maintien de la Paix ».

Enfin, le Burundi devra « mettre en place des Institutions de Transition d’Union Nationale (Gouvernement, Parlement, Justice, Administration publique) »,

« organiser le Rapatriement et la Réintégration des Réfugiés et des Déplacés intérieurs, libérer tous les prisonniers politiques et d’opinion » et « préparer et Mettre en œuvre un Programme de Relance Économique (2021-2025) et un Programme Minimum Humanitaire ».

Mais il va sans dire que rien ne marcher sans qu’il y ait d’abord « préparation des institutions de sortie de crise, notamment: la Charte pour la Paix, la Stabilité et le Développement Durable, une nouvelle Constitution, une nouvelle Loi Électorale, la mise en place d’une Commission Nationale Électorale totalement Indépendante, etc.»

C’est alors et alors seulement que le Burundi sera en mesure d’organiser « des Élections Paisibles, Transparentes et Inclusives et installer les nouveaux responsables politiques », conclut MAP-BURUNDI BUHIRE.