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Aversion ethnique : Le deux poids deux mesures de la Justice burundaise est pour le moins sidérant

Claude Kenny Nduwimana, né en 1987 à Ngoma, commune Murwi à Cibitoke, il se décrit comme journaliste indépendant et directeur du journal IZUBA

La justice burundaise ne rate aucune occasion pour prouver qu’elle est sous les ordres de l’exécutif, largement dominé par le parti CNDD-FDD.

Elle laisse en effet libre cours aux propos épouvantablement haineux et outrageants envers les tutsis, lesquels sont constamment relayés via les réseaux sociaux par un certain Claude Kenny Nduwimana, prétendant journaliste.

Dans son excès de haine contre les tutsis, Claude Kenny Nduwimana, compare les Tutsis à « des épines qui ne pourrissent pas » et invite les Hutus à « ne plus se marier avec les épines ».

Il regrette que certains «Hutus nommés aux hautes fonctions publiques embauchent des Tutsis proches parents de leurs épouses » et recommande à « ses frères hutus » de « ne plus fréquenter les restaurants des Tutsis de peur d’être empoisonnés ».

De tels propos ne suscitent aucune indignation au sein de l’appareil judiciaire ni au niveau du Service burundais des renseignements.

Pourtant, en juillet dernier, une jeune femme issue de l’ethnie tutsie a été condamnée à trois ans de prison ferme pour ses propos jugés haineux envers les femmes hutues.

Employée de la mairie de Bujumbura, Gloriose Karerwa Kamikazi a été arrêtée pour avoir envoyé par WhatsApp à un collègue de service (sans savoir qu’il le diffuserait largement), un élément sonore où elle y critiquait les membres de l’association Intwari – constituée de personnalités œuvrant dans l’administration publique – qui sont des Hutues, en les comparant à des oiseaux appelés inkware en train de gravir une montagne.

Le Service national des renseignements l’a arrêté et le ministère public a considéré qu’elle manifestait ainsi de la haine envers une partie de l’ethnie hutue et qu’il était déshumanisant de comparer des personnes avec des animaux.

Il a donc requis trois ans de prison et un million de Fbu de dommages et intérêts à chacune des 600 membres de l’association pour « aversion raciale », « imputation dommageable et injure » et outrage à fonctionnaire.

Il sied de rappeler que ce vrai faux journaliste ne fait que reprendre des recommandations figurent dans « les 10 commandements du Hutu » publiés en décembre 1990 à Kigali par le journal extrémiste hutu Kangura, un texte considéré par les chercheurs comme un prélude au génocide qui fit un million de morts au Rwanda, voisin du Burundi.

Chacun devait sonder les signes des temps pour ne pas se laisser surprendre par un pogrom que tout le monde voit venir.