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Burundi: à deux mois des élections, le risque d’atrocités reste important

La Commission onusienne d’enquête sur la situation des droits de l’homme au Burundi estime que le risque d’atrocités reste important, à deux mois des élections générales, a rapporté l’ONU sur son site, mardi soir. «Les huit facteurs de risque communs aux atrocités criminelles (développés en 2014 par les conseillers spéciaux des Nations Unies pour la prévention du génocide et la responsabilité de protéger) qui s'appliquaient au Burundi dans le rapport qu’elle avait présenté en septembre 2019, sont toujours d’actualité», fait remarquer la Commission La Commission souligne par ailleurs que «certains de ces facteurs sont «encore plus marqués qu'auparavant, à l’approche des élections au Burundi». La Commission a noté une détérioration de la situation en ce qui concerne le facteur de risque d'instabilité politique, économique et sécuritaire. «Des membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD, les ‘Imbonerakure’, ont continué de perpétrer des homicides, des disparitions, des arrestations et des détentions arbitraires, des actes de torture et de mauvais traitements et des viols contre des membres de l'opposition politique réels ou présumés», ont dit les membres de la Commission. Deux autres facteurs de risque restent d'actualité. Le premier est lié au climat généralisé d'impunité pour les violations graves des droits de l'homme et le second à la faiblesse des structures étatiques pour être en mesure de prévenir ou d'arrêter les violations. La Commission a observé une évolution plus ambiguë concernant un autre facteur de risque, à savoir l'existence d'intentions et de motifs de recourir à la violence. Certains autres facteurs de risque sont plus prononcés, avec une censure accrue des médias par le gouvernement en imposant, sans consultation préalable, un « Code de conduite pour les médias et les journalistes pendant la période électorale de 2020 ». Quatre journalistes d'Iwacu, l'un des derniers médias indépendants opérant au Burundi, ont été condamnés à une peine de prison en janvier 2020. La commission d’enquête de l’ONU sur la situation des droits de l’Homme au Burundi a été créée en septembre 2016 dans la perspective de mener des investigations spécifiques au Burundi. Son mandat avait été renouvelé pour la troisième année consécutive fin 2019. Les autorités burundaises ont toujours refusé de collaborer avec les enquêteurs de cette commission. En octobre 2017, le gouvernement burundais s’est également désengagé de la Cour pénale internationale (CPI). Le Burundi a, également, fermé le bureau local du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, l’accusant de "complicité" dans l’élaboration de rapports accablants. Depuis près de cinq ans, le Burundi est secoué par une grave crise politique et sécuritaire émaillée de violences, déclenchée par la candidature controversée du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat. Le pays chemine vers un autre rendez-vous électoral et l’actuel président, Pierre Nkurunziza n’est pas candidat.