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Burundi au bord de la ruine: Les banques commerciales ouvrent leurs bureaux de change sans devises

Le Burundi ne cesse de battre son propre record sur le terrain du sordide : alors que l’euro et le dollar flambent à vue d’œil sur l’imparable marché noir à Bujumbura, les banques commerciales jouent les hypocrites et ouvrent leurs propres bureaux de change en leur sein.

L’Interbank Burundi et la BCB l’ont déjà notifié à leur clientèle. Les autres aussi devaient leur emboiter le pas. Toutes ces banques commerciales exécutent l’ordre de la Banque centrale, BRB, qui vient d’ordonner aux bureaux de change privés de mettre la clé sous paillasson.

Mais là où le bât blesse, c’est qu’elles manquent épouvantablement de quoi vendre. C’est aussi ce qui étonne l’économiste Faustin Ndikumana.

« Les bureaux de change doivent être considérés comme des centres de captage de toutes les devises qui entrent de façon informelle au Burundi», a-t-il confié aux médias locaux.

« La Banque centrale avait déjà réduit considérablement les capacités d’approvisionnement en devises des banques commerciales notamment par la mesure qui obligeait les différentes ONG à ne disposer de comptes qu’au niveau de la BRB », analyse cet expert économiste.

D’aucuns se demandent comment la Banque de la République du Burundi pourra combler les besoins énormes en devises alors qu’elle n’arrive plus à satisfaire les demandes d’importation d’entreprises telles la Brarudi. Puisque la BRB s’avère incapable d’approvisionner les bureaux de changes privés en devises étrangères, elle est incapable de leur imposer un taux.

« Approvisionner les bureaux de change devait être un préalable de la part de la BRB. Ne l’ayant pas fait, celle-ci n’avait pas à exiger des comptes de la part de structures dont elle n’assure pas l’approvisionnement en devises », poursuit Faustin Ndikumana.

Depuis le 15 février, aucun bureau de change privé n’a plus le droit d’ouvrir ses portes. Résultat, le marché noir ne s’est jamais aussi bien porté.