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Burundi: Des députés français dénoncent un scrutin à «huis-clos» sur fond d’une «féroce dictature»


Parlement français

A quelques heures de la confirmation, par la Cour constitutionnelle du Burundi, de l’élection du nouveau Président Evariste Ndayishimiye, candidait du parti au pouvoir, le monde libre trouve le scrutin invalide et s’indigne du climat d’horreur et de terreur qui prévaut dans ce pays emborubé depuis déjà cinq ans dans une dictature innommable.


A travers leur lettre ouverte publiée mercredi, cinq députés francais viennent en effet de dénoncer ouvertement la récente organisation, au Burundi, «des élections à huis clos» pendant que le pays est notoirement soumis à « l’une des dictatures les plus féroces du 21e siècle».


«c’est dans un climat d’assassinats ciblés, d’exécutions extrajudiciaires, de torture et d’emprisonnements abusifs et de véritable chasse à toutes les voix dissonantes ou supposées que s’est organisé le triple scrutin présidentiel, législatif et communal du 20 mai 2020», ont-ils déclaré, indignés.


Les Députés signataires de cette déclaration sont : Sonia KRIMI, Députée de la Manche, Mansour Kamadine, Député de Mayotte, Frédérique Dumas, Députée des Hauts-de-Seine, Delphine Bagarry, Députée des Alpes de Haute-Provence et Michèle Victory, Députée de l’Ardèche.


Au vu de l’athmosphère d’asphyxie et de privation des libertés qui prévalait dans les quatre coins du pays lors du triple scritin du 20 mai, tout semble indiquer que le triple scrutin du 20 mai était tout sauf «juste, équitable et transparent».


«Les déroulements de la campagne électorale, du vote, du décompte et de la proclamation des résultats provisoires montrent que les conditions minimales pour une élection libre, juste, équitable et transparente sont loin d’avoir été remplies», ont-ils fait remarquer.


Comme pour tout corser, ces élections se sont déroulées à l’abri des journalistes réellement indépendants. «Ces élections se sont déroulées à huis clos. Les médias nationaux et internationaux ont été soumis à la censure du régime. Tous ont été sommés à observer un code de conduite qui ne reflète que la violation de la liberté d’informer».



Et pour preuve : « la liste des électeurs n’a jamais été portée au public électeur et les cartes d’électeurs ont été distribuées dans une ambiance de tricherie faisant que des morts, des prisonniers et des exilés soient présents pour voter ; la complicité entre les démembrements de la CENI, l’administration locale et la milice du parti au pouvoir a rendu possible cette opération ».


Par ailleurs, la CENI s’est arrogé le droit de nommer des membres de bureaux de vote en violation flagrante de la loi.


«Ce fut une première fois au Burundi depuis 1993 (année de la première élection multipartiste) qu’une Commission électorale indépendante nomme des membres des bureaux de vote émanant quasi exclusivement du seul parti au pouvoir ».


«Nous sommes très inquiets de constater que tous ces signaux alarmants ne semblent inquiéter la communauté internationale pour prendre des mesures qui s’imposent afin de protéger le peuple Burundais».


Les déclarations ne peuvent pas empêcher le Burundi de sombrer dans les violences postélectorales généralisées ; ce qui s’impose, ce sont des actions concrètes au nom de la Responsabilité de Protéger. La neutralité est une forme de lâcheté », tonnent les députés, dépités.