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Burundi/droits de l’homme : L’ONU appelle la communauté internationale à ne pas baisser la garde


Général Evariste Ndayishimiye, le tout nouveau président du Burundi

Bien que doté de nouvelles institutions, le Burundi reste bel et bien un terreau de violation des droits de l’homme ; tant et si bien que ce pays devait rester encore sous les radars de la communauté internationale. Ce vibrant appel a été lancé par Doudou Diène, Président de la Commission d’enquête de l’ONU sur la situation des droits de l’homme au Burundi.


Devant le Conseil des droits de l’homme à Genève, Doudou Diène et son équipe ont mis en garde la communauté internationale contre «un relâchement prématuré» et une volonté «à tourner la page», «comme si… une élection et une transition politique suffisaient à garantir automatiquement l’amélioration de la situation des droits de l’homme à l’avenir».


«La communauté internationale doit rester vigilante et mobilisée pour encourager des actions qui s’attaquent aux causes profondes des violations des droits de l’homme », a insisté Doudou Diène.


«Le dernier processus électoral a été caractérisé par l’intolérance politique et de multiples violations des droits de l’homme, avant et pendant la campagne électorale officielle, le jour du scrutin et après l’annonce des résultats officiels des élections», a fait valoir M. Diène.


Dans cette quête du renouveau, «la transition politique pourrait devenir une telle opportunité si, et uniquement si, la communauté internationale reste vigilante et mobilisée à encourager la prise des mesures qui remédient aux causes profondes des violations».


Selon les commissaires de l’ONU sur les droits de l’homme au Burundi, le dernier processus électoral a été caractérisé par l’intolérance politique et de multiples violations des droits de l’homme, avant et pendant la campagne électorale officielle, le jour du scrutin et après l’annonce des résultats officiels des élections.


La commission d’enquête de l’ONU sur la situation des droits de l’Homme au Burundi a été créée en septembre 2016 dans la perspective de mener des investigations spécifiques sur les violations des droits humains au Burundi.


Depuis lors, son mandat est renouvelé chaque année. Bujumbura a toujours refusé de collaborer avec les enquêteurs de cette commission. Les commissaires se sont vus refuser le droit d'entrer sur le territoire Burundais.


En octobre 2017, le gouvernement burundais s’est également désengagé de la Cour pénale internationale (CPI).


Bujumbura a également suspendu sa coopération avec le bureau local du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, l’accusant de "complicité" dans l’élaboration de rapports accablants sur le Burundi. Ce bureau des Nations Unies a été chassé du Budundi par un régime qui veut à tout prix cacher ses abus contre les citoyens burundais.


Depuis fin avril 2015, le Burundi est secoué par une grave crise politique et sécuritaire émaillée de violences, déclenchée par la candidature controversée du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat.


Un mauvais départ pour le régime du général Evariste Ndayishimiye


Térence Mushano un activiste des droits humains mis au noir arbitrairement au Burundi

Ni la prise de fonction du nouveau président, vainqueur de l’élection présidentielle du 20 mai 2020, ni la mort inopiné du Président Pierre Nkurunziza le 8 juin dernier n’ont mis fin à ces violences.


Ainsi, les arrestations arbitraires continuent. Un exemple éloquent est celui du Vice-Président et porte-parole de l’association AC-génocide, leader syndical de la SOBUGEA (Société burundaise de gestion des entrepôts et d’assistance des avions en escale), Térence Mushano qui vient d'être arbitrairement mis est au noir depuis vendredi dernier.


Il a été arrêté alors qu’il s’entretenait avec des journalistes indépendants du groupe de presse IWACU sur les travaux de l’actuelle Commission Vérité/Réconciliation (CVR).


Dans la fraicheur de cet incident, Térence Mushano a été accusé d’avoir «induit en erreur les journalistes en les invitant dans les enceintes de l’aéroport sans permission spéciale». Peu après cette accusation pour le moins farfelue, la police qui veut accabler Térence Mushano, un des derniers baroudeurs engagés pour la lutte contre le génocide des Tutsis au Burundi a vite aggravé cette accusation. Il est désormais poursuivi pour «atteinte à la sureté de l’Etat». Cette accusation est déployée par le régime pour écrouer toute voix discordante.