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Ca se corse dans la Kibira : crépitements d’armes lourdes et trois élus locaux coffrés


Militaires burundais

Alors que les crépitements d’armes lourdes et bruits de bottes se font de plus en plus entendre dans la profonde forêt de la Kibira, du côté de la province burundaise de Cibitoke, l’inquiétude grandit au sein des corps de défense et de sécurité.


Incapable de mettre la main sur le moindre «rebelle» alors qu’il en perçoit les signes tangibles, le Commissaire provincial de la police s’est rué sur trois élus locaux, pourtant tous membres du parti au pouvoir (CNDD-FDD) et les a coffrés pour n’avoir pas alerté à temps sur une éventuelle présence rebelle dans la commune de Mabayi, jouxtant la forêt de la Kibira.


Trois élus collinaires sont donc au noir, détenus dans le cachot de la police à Cibitoke. Il s’agit des chefs des collines de Gasebeyi, Rutorero et Gafumbegeti, dans la commune de Mabayi.


« Ils ont été interpelés pour des raisons d’enquête », a déclaré aux médias locaux le Commissaire provincial de la police à Cibitoke.


La police et l’armée burundaise soupçonnent certains élus locaux, et même certains Imbonerakure, d’être de mèche avec les rebelles qui coloniseraient la forêt de la Kibira depuis un certain temps.


Selon des sources concordantes, des habitants des collines de Gafumbegeti, Rutorero et Gasebeyi dans les zones de Butahana et Ruhororo ont affirmé avoir entendu des crépitements d’armes lourdes dans la Kibira samedi.


De nombreux militaires et policiers ont alors été massivement dépêchés aux abords de la Kibira.


Ce mouvement spontané d’hommes en treillis n’a pas manqué d’inquiéter les riverains de la Kibira.


«Nous avons vu des camions de l’armée à bord desquels se trouvaient plusieurs militaires lourdement armés. Ils arrivaient pendant la nuit», témoignent les uns.


En novembre 2019, cette localité avait fait objet d’une attaque ayant visé des positions de l’armée burundaise.

Gitega avait mis cette attaque au dos de Kigali.


Aucun bilan de cette nouvelle attaque n’a été fourni par le gouvernement burundais.