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Des journalistes en exil dénoncent l’ «instrumentalisation de la justice» burundaise

Assignés en justice pour participation à un mouvement insurrectionnel, douze journalistes burundais en exil viennent de dénoncer, à travers une correspondance adressée au Président de la Cour suprême, «l’instrumentalisation de la justice burundaise».


Ils devraient comparaître lundi devant le Parquet général de la République pour répondre aux chefs d’accusation portés contre eux. Absents à la barre, ils expliquent pourquoi ils n’ont pas pu se présenter devant la justice ou se faire représenter par leur avocat.


Ils redoutent la machine à tuer qui les a poussés à l’exil. Aucun avocat ne peut les défendre devant la justice burundaise. «Le dossier est monté de toutes pièces par la justice aux ordres du pouvoir exécutif pour empêcher les journalistes, les Avocats des victimes, les défenseurs des droits humains de mener les activités allant dans le sens de promouvoir les droits humains et le rétablissement d’un État de droit ». Mais ils reconnaissent qu’ils ont soutenu les «manifestations contre un autre mandat controversé du président Nkurunziza en 2015 » car il violait un Accord sacré pour les Burundais.


«L’Accord d’Arusha préconisait en son protocole 2, article 7, point 3 qu’aucun Président ne pouvait briguer plus de deux mandats. Constatant que Pierre Nkurunziza continuait à s’entêter, 304 organisations ont descendu dans Forcés à l’exil par crainte d’être lynchés ou kidnappés comme certains de leurs confrères, une bonne centaine de journalistes burundais vit en dehors du Burundi depuis près de 5 ans.


Au lieu de les encourager à rentrer, les autorités burundaises ne cessent de les traquer, de les vilipender en les accusant d’être derrière le mouvement de contestation du 3ème mandat présidentiel de Pierre Nkurunziza et même de la tentative de putsch intervenu en mai 2015.


Certains d’entre eux sont ainsi recherchés par la justice burundaise pour être jugés et sans doute condamné. Pour rappel, cinq radios indépendantes et une télévision ont été vandalisées dans la foulée d’une tentative de coup d’état, la nuit du 13 au 14 mai 2015.