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Des militaires exproprient plus de 200 ménages à Muzinda

Plus de 200 familles burundaises sont plongées dans le désarroi après que les militaires de la Brigade de Muzinda, à l’ouest de Bujumbura, aient squatté leurs terres et leurs cultures depuis déjà deux ans.

Selon des médias locaux, les collines de Kibenga et Butavuka où étaient plantés des palmiers à huile, des bananeraies, et d’autres cultures sont dès lors contrôlées par des militaires de la brigade de Muzinda en province de Bubanza (ouest du Burundi).

Les militaires y ont érigé des positions, puis des fermes pour bétails et exploitent ces terres agricoles pour eux-mêmes. Le spectacle est à la fois inédit et révoltant. Les défenseurs des droits humains parlent d’une « expropriation » et d’une «occupation arbitraire».

«Nous avons été envahis par des militaires» déclare un homme d’une cinquantaine d’années, habitant et natif de Kibenga.

Les militaires poussent encore leur insolence plus loin en empêchant aux véritables propriétaires des terres occupées d’aller récolter ce qu’ils ont semé. «Ces militaires récoltent nos palmiers et s’arrogent le droit de faire louer nos terres eux-mêmes», accuse un autre habitant.

«Certains ne sont plus capables d’envoyer leurs enfants à l’école parce que ces terres étaient leur seule source de revenus, ceux qui tentent d’aller récolter les palmiers et bananes sont malmenés», témoignent des membres de familles qui ont été expropriées.

Les terres occupées sont autour de la brigade de Muzinda qui héberge trois unités différentes.

Généralement connu sous le label « camp Muzinda », la brigade a été construite vers la fin des années 1980.

En squattant les terres de Muzinda, les militaires s’alignent à une politique non officielle du gouvernement qui exproprie arbitrairement ses citoyens.

Le cas le plus emblématique est celui de la société agropastorale de RUGOFARM (de l’ancien parlementaire tutsi Stany Habonimana) en province de Cibitoke où près de 1600 ha ont été indûment cédées à la masse hutue.