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Droits de l’homme: la Cour suprême ordonne un nouveau procès pour Germain Rukuki, écroué pour 32 ans



La nouvelle remonte, un tantinet, le moral des défenseurs des droits de l’homme au Burundi: la Cour suprême a ordonné, le 30 juin 2020, un nouveau procès pour Germain Rukuki, ancien cadre de l’ONG des droits de l’homme, ACAT-Burundi, condamné à 32 ans de prison ferme.


Accusé de «participation à un mouvement insurrectionnel, atteinte à la sûreté intérieure de l’État, attentat contre l’autorité de l’État et rébellion», il avait été arrêté à son domicile sis au quartier VI de la zone urbaine de Ngagara en mairie de Bujumbura, au plus fort de la contestation du 3ème mandat du président défunt, Pierre Nkurunziza.


Le Service national des renseignements (SNR) le soupçonnait, en réalité, de continuer à informer les organisations des droits de l’homme sur les graves violations des droits humains qui se poursuivaient dans le pays.


En première instance, Germain Rukuki a écopé d’une peine de 32 ans de détention. Cette très lourde condamnation a été ensuite confirmée par la cour d’appel de Ntahangwa, à Bujumbura, il y a un an, après une seule audience publique, organisée en l’absence du prévenu.


C’était la plus lourde peine jamais prononcée au Burundi par un militant des droits de l’homme.


La Cour suprême du Burundi a donc estimé, dans son arrêt, qu’il s’agit là d’une « violation de ses droits civils et politiques ». Elle a cassé le jugement et ordonné que le procès revienne devant une cour d’appel de Ntahangwa avec une nouvelle équipe de juges.


Aucune date n’a encore été fixée pour ce nouveau procès.


Maître Armel Niyongere, président d’ACAT-Burundi (Action chrétienne pour l’abolition de la torture), Armel Niyongere se dit « satisfait » par cette décision mais reste « prudent ».


Il promet de rester « vigilant » sur la suite qui sera donnée à cette affaire.