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Elections 2020 : Blasé, le PARENA craint le pire et défend les accords d'Arusha


28 mars 2000 à Arusha, ancien président Jean Baptiste Bagaza prend une photo avec Nelson Mandela et anciens présidents Sylvestre Ntibantunganya et Pierre Buyoya. Photo @AFP

A une quarantaine de jours des élections générales attendues au Burundi, le parti pour le redressement national (PARENA) créé par l’ancien président burundais, Jean Baptiste Bagaza est de ceux qui craignent la réédition d’une autre tragédie dans la foulée de ce rendez-vous électoral.


Selon Zénon Nimubona, l’une des raisons qui sous-tendent ce pessimisme est la regrettable violation de l’Accord d’Arusha qui avait mis fin à une décennie de guerre civile aux dimensions ouvertement génocidaires.


Le drame burundais vient de ce que les autorités actuelles ont jeté l’Accord d’Arusha comme une feuille avec laquelle on a fini de se torcher.


«Déjà, la constitution de 2005 n’était pas tout à fait conforme à cet Accord, résultat : elle a produits des milliers de morts ; l’actuelle [constitution de 2018] qui a définitivement enterré cet Accord en produira davantage», a déclaré Zénon Nimubona.


Vu que la quasi-majorité des élections déjà organisées au Burundi, par le passé, se sont soldées par d’horribles bains de sang, le parti PARENA ne se leurre pas. Les prochaines ne feront pas exception.


Aujourd’hui, il y a en effet plus de raisons d’implosion qu’avant. Chaque fois, le ressort de la violence reste la rivalité et la haine immodérée de l’Autre. Flash-back sur les cycles de violences qui ont émaillé les précédents processus électoraux.


Zénon Nimubona illustre ses propos par un regard rétrospectif sur quelques grands rendez-vous électoraux.


En 1961, les élections ont opposé le Prince Louis Rwagasore à ses cousins Birori et Ntidendereza ; ils ont tous payé de leur vie.


En 1965, de nouvelles élections ont opposé les parlementaires hutu et tutsi de l'Uprona. Défaits, les Hutu ont eu recours à la violence et ont massacré d’innocents Tutsis à Bukeye et à Busangana, dans la province de Muramvya.


En 1972, les perdants de 1965 ont récidivé en attaquant dans le Sud du pays, tuant systématiquement les Tutsi sur leur passage. Le répression du régime militaire contre les hutus fut atroce.


Les élections de 1993 ont été marquées par des massacres des Tutsis à grande échelle.

Aujourd'hui, conclut le Parena, de violents affrontements opposent des militants du CNDD-FDD à ceux du CNL au vu et au su des autorités du pays.