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En mal de locaux, le gouvernement se fait booster par un ministre hyper friqué



Les Burundais sont tombés des nues en apprenant, le premier juillet dernier, que l’ancien Ministre de l’énergie et des mines, Côme Manirakiza, avait gracieusement gratifié le gouvernement burundais de son propre building de trois niveaux, lequel abrite aujourd’hui ledit Ministère.


Comme pour lui rendre la discipline, le nouveau Président de la République, Evariste Ndayishimiye, l’a élevé au rang de "Commandeur de l’ordre du mérite du travail".


Le chef de l’état a salué "un ministre extraordinaire qui a construit avec son argent et l’aide d’amis".


«C’est la première fois que cela arrive au Burundi », a souligné Ndayishimiye avant de lui donner sa médaille et une enveloppe d’environ 650 €.


Pour nombre d’observateurs, cela frise l’indécence dans un pays où plus de 70% de la population vivent en dessous du seuil de la pauvreté avec moins d’un dollar par jour.


D’aucuns y considèrent cela comme l’effet de la gangrène de corruption en grandeur nature au Burundi.


C’est précisément ce qui chiffonne Gabriel Rufyiri, militant anti-corruption au Burundi et Président de l’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques (OLUCOME).


De son point de vue, le gouvernement burundais devrait plutôt enquêter sur l’origine des fonds avec lesquels l’ancien Ministre a construit ce bâtiment flambant neuf.


«On peut dégager deux infractions ici: l'enrichissement illicite et le blanchiment d'argent sale», a-t-il déclaré.


« L’immeuble aurait été construit grâce à des "contributions volontaires et amicales" des entreprises qui auraient bénéficié de contrat d’exploitation des minerais du Burundi, sans concurrence », a-t-il ajouté.


Ainsi, pour y voir plus clair, le Président de l’OLUCOME demande au gouvernement d’enquêter aussi sur ceux qui ont aidé l’ancien ministre à construire ce bâtiment.


Il sied de rappeler que dans son discours programme, le nouveau président burundais a déclaré qu’il allait faire de la lutte contre la corruption son cheval de bataille.