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En pleine crise de COVID-19, le Burundi prend en otage des citoyens ayant la double nationalité



Face à une crise de Covid-19 mal gérée par un régime plus soucieux de montrer que tout va bien au pays, la Belgique a décidé d'envoyer un vol spécial pour évacuer les citoyens belges et autres européens du territoire Burundi.


Ce vol spécial s’est d’abord vu refusé la permission d'atterir sur Bujumbura. L'ordre de refus d'atterissage aurait été donné par les généraux Alain-Guillaume Bunyoni, ministre de la sécurité publique et gestion des catastrophes et Gabriel Nizigama, chef de cabinet civil du président Pierre Nkurunziza.


Après une série de négociations entre Gitega et Bruxelles, le vol a pu atterir mais le tout puissant général Bunyoni réservait une autre surprise aux citoyens belges assemblés à l'aéroport Melchior Ndadaye.


Tous les passagers qui avaient été informés de leur imminent départ par mail et par messagerie téléphonique ont suivi le protocole prévu et se sont présentés à l’aéroport vers 15h30 afin de se soumettre aux différentes formalités aéroportuaires avant leur vol.


Au moment où les passagers s'apretaient à embarquer, la police burundaise a fait irruption dans la salle d’embarquement et a opposé un refus catégrorique au départ de tous les passagers présumés avoir la double nationalité, donc de Belgo-Burundais.


Comme la majorité de ces détenteurs de nationalité belge avaient fait leur entrée au Burundi sur visas apposés dans leurs passeports belges, l'identification de ceux qui sont présumés avoir une double nationalité s'est fait de la plus rudimentaire de manières: toutes les personnes nées au Burundi et portant des noms consonance burundaise se sont vues refuser le droit d'embarquement.


Cette décision arbitraire du général Bunyoni a forcé dans certains cas, la séparation de membres de mêmes familles. Environ 60 Belgo-Burundais ont été victimes de cette mesure et restent bloqués au Burundi, dans certains cas loin de leurs familles qui sont en Belgique.

Malgré les négociations menées par l’Ambassadeur belge qui était sur place à l'aéroport international de Bujumbura , l'avion a décolé sans les 60 présumés belgo-burundais.


Pour les familles en Belgique, la question est de savoir si un autre vol va pouvoir être organisé et si leurs proches vont être, cette fois, autorisés à embarquer.

Mais pourquoi cette décision du général Bunyoni?

La déclaration universelle dans son article 13 (point 2) est sans équivoque:

Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays. Le decision d'empêcher ces belgo-burundais de quitter le Burundi en destination de Belgique est donc contre leur droit de libre circulation, surtout que la Belgique n'était pas contre leur entrée sur son territoire.

En pleine crise de COVID-19 et n'ayant jusqu'ici identifié que 3 cas positifs de la maladie causée par le coronavirus, les autorités burundaises savent très bien qu'il y a plus de cas que les 3 déjà déclarés. Le régime est dans une crise de panique car ils savent que le système sanitaire est rudimentaire et incapable de faire face à cette crise de COVID-19.


Les dernières données montrent que le Burundi ne dispose que de 12 ventilateurs pour une population de 12 millions. Pire encore, il n'y a que 5 médecins réanimateurs dans tout le pays.

Face à cette infrastructure sanitaire rudimentaire, le régime de Gitega comptait-il prendre les européens comme un bouclier humain? Certains de commentaires qui circulent sur les réseaux sociaux semblent confirmer cette hypothèse. Semble t-il qu'ils misaient sur le fait que les pays occidentaux viendraient au secours de leurs citoyens residant au Burundi en érigeants des hôpitaux mobiles bien dotés en personnel et équipement.


Une autre hypothèse qui est avancée par des analystes politiques est live aux élections présidentielles de mai 2020. Le régime veut projeter une image d'un pays calme et hors danger. En décidant d'évacuer ses ressortissants, la Belgique aurait agacé le régime qui voit en cette décision d'évacuation des européens un acte de sobatage qui pourrait conduire d'autres pays à emboîter le pas et à évacuer leurs citoyens. L'objectif principal du regime est d'eviter a tout prix le report des elections de mai 2020. Tout report de ces élections conduirait à une crise de succesion au pouvoir et risquerait de faire exploser les tensions internes au sein du parti au pouvoir.


En empêchant les belgo-burundais, le régime aurait donc voulu humulier la belgique en sabottant leur projet de rappatriement de ses citoyens.