• burundidaily

Ethnisme : Le Gouvernement burundais fouine encore dans les dossiers du personnel des ONG étrangères

Le paramètre «ethnie» est le principal levier du régime burundais pour s’incruster au pouvoir. En même temps que le pouvoir demande à la Commission Vérité/Réconciliation d’attiser la haine ethnique en ramenant à la surface les événements de 1972, il attire l’attention de l’opinion sur l’exclusion dont les hutus seraient victimes au sein des ONG étrangères.

Dans une récente correspondance adressée aux représentants des ONG étrangères à Bujumbura, le Ministre de l’Intérieur, Pascal Barandagiye leur intime l’ordre de montrer patte blanche avant le 28 février 2020 en ouvrant leur porte aux hutus. Il leur demande explicitement « un tableau détaillé du personnel ».

« dans le cadre et l’objectif du suivi et de l’évaluation de la mise en application des dispositions de la loi du 23 janvier 2017 qui régit les ONGE, et en conséquence de vos engagements découlant de la convention de coopération que vous avez signée, nous voudrions vous demander de nous faire parvenir un tableau détaillé du personnel employé par votre ONG au 31 décembre 2019 », a déclaré Pascal Barandagiye dans ladite lettre.

« En plus des effectifs de ce personnel, le tableau devra renseigner sur la date d’engagement de chaque agent et cadre, sur sa nationalité, la position qu’il occupe, son genre et son ethnie pour les employés nationaux ».

Le ministre veut aussi un zoom sur le personnel des expatriés.

« Le tableau devra être accompagné d’une copie d’agrément de chaque employé expatrié », a-t-il ajouté.

«Ces informations devront nous parvenir d’ici le 28 février 2020 au plus tard et faire partie désormais des rapports semestriels que votre ONG a l’obligation de transmettre régulièrement».

Rappelons que certaines ONG étrangères ont catégoriquement refusé ce fichage ethnique des employés et ont préféré fermer leurs bureaux à Bujumbura.

C’est notamment le cas des ONG belges 11.11.11 et Avocats Sans Frontières (ASF).