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FNL contre CNL : ton pied mon pied

Jacques Bigirimana garde Agathon Rwasa dans le viseur. Non content de lui avoir pris son parti (Front national de libération, FNL), Jacques Bigirimana se refuse en effet de laisser tranquille Agathon Rwasa, Président du Congrès national pour la liberté, CNL.

Partisan inconditionnel du CNDD-FDD au pouvoir, Jacques Bigirimana calque son agenda sur celui d’Agathon Rwasa, à un jour près.

Ainsi, à l’annonce, le 27 février dernier, du dépôt de la candidature du leader du CNL à la CENI pour la présidentielle de mai 2020, Jacques a eu un tournis et a décidé d’en faire de même sans trop attendre.

«Je vais déposer le mien dans les meilleurs délais et pour le même poste convoité par Agathon Rwasa…pour être précis, ce sera le 3 mars prochain à 8 heures au siège de la Ceni», a-t-il déclaré aux médias locaux.

Sa déclaration a été immédiatement relayée via le compte twitter de son parti.

«Mardi le 03 mars 2020, à 8h du matin, Jacques Bigirimana, Président du parti FNL va déposer sa Candidature à la Présidentielle de mai 2020, ainsi que les dossiers des candidats du Parti (de toutes les 18 provinces) aux élections législatives».

Pour des raisons encore inconnues du grand public, Jacques suis toujours Agathon de très près et ne rate aucune occasion pour le décrédibiliser. Mais comme pour prouver qu’il s’en fiche éperdument, Agathon ne mentionne jamais Jacques ou son parti dans ses discours.

Il sied de rappeler que Jacques Bigirimana a profité du départ d'Agathon Rwasa en 2010 pour récupérer le parti Fnl initialement dirigé par ce dernier. Les autorités burundaises l’y ont aidé.

Lors des dernières élections générales de 2015, Agathon Rwasa, qui faisait partie de la coalition Amizero y'Abarundi (les Indépendants de l’espoir), avait décidé de boycotter les élections. Malgré son appel au boycott, les résultats ont été surprenants car, a déclaré la CENI, ses militants avaient voté pour lui et malgré lui.

D’aucuns y ont vu un signe manifeste du tripatouillage préalable des résultats par la Commission électorale d’alors, dirigée à ce temps par Pierre Claver Ndayicariye.

Dans une pirouette aussi surprenante qu’inattendue, Agathon Rwasa a intégré l'Assemblée Nationale, devenant ainsi le premier vice-président de cette institution.