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L’histoire burundaise se répète, bégaie : Agathon Rwasa copie Melchior Ndadaye



Celui qui a dit que l’histoire se répète en bégayant ne croyait pas si bien dire. Le contexte burundais l’illustre à souhait.


En effet, près de deux semaines après le début de la campagne électorale pour les trois premiers scrutins, les deux concurrents les plus en vue qui briguent le fauteuil présidentiel à savoir le général Evariste Ngendakumana et Agathon Rwasa rappellent, à s’y méprendre, Pierre Buyoya et Melchior Ndadaye en campagne pour la présidentielle de 1993.


Le discours de l’un et de l’autre sent du déjà entendu. Du déjà vu. La seule différence est que les concurrents de mai 2020 sont tous de la même ethnie (hutus), alors que le duel de juin 1993 était fait de deux candidats rivaux et issus de deux ethnies différentes (hutu/tutsi).


En 1993, le parti FRODEBU était porteur de changement. Derrière lui, la masse hutue s’était approprié cette vision. Pierre Buyoya n’y a pas cru. Il s’est refusé de croire à l’inattendu. Le scénario fut catastrophique.

En 1993, Melchior Ndadaye tenait ce discours : « Les militaires menacent de nous tirer dessus, laissez-les faire, ils seront bientôt à court de munitions et nous les prendrons avec nos mains ».

Aujourd’hui, le CNL se dit porteur de changement. Quasiment toute la population, lassée par plus d’une décennie de tyrannie du régime CNDD-FDD, aspire aussi au changement et se range derrière Agathon Rwasa. Pierre Nkurunziza n’y croit pas. L’inattendu est sans doute à venir.

Très curieusement, Agathon Rwasa vient de reprendre, mot à mot, le même discours.

«Les militaires menacent de nous tirer dessus, laissez-les faire, ils seront bientôt à court de munitions ; nous sommes 12 millions de Burundais, ils ne nous tueront pas tous et nous finirons par les attraper avec nos mains».

Le Burundi est manifestement à la veille d’une révolution. Si la situation n’est pas gérée avec sérénité, la cocotte-minute risque d’exploser et les dégâts seront incommensurables.