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L’honorable Fabien Banciryanino, droit dans ses bottes après son coup de gueule à l’Assemblée


Honorable Fabien Banciryanino

En dépit de multiples appels à son lynchage, le député Fabien Banciryanino qui a récemment rejeté l’idée d’élever le Président burundais, Pierre Nkurunziza, au titre honorifique de Guide Suprême Patriotique se dit serein et encore plus déterminé à défendre les droits humains que le régime bafoue au quotidien.


«J’ai exprimé mon opinion est c’est un droit pour tout député siégeant à l’hémicycle de Kigobe, je ne devrais donc pas être inquiété pour cela», a-t-il déclaré aux médias locaux.

Ces derniers jours, de nombreuses voix, en particulier les militants zélés du CNDD-FDD ont demandé la levée de son immunité parlementaire afin qu’il soit traduit en justice pour avoir osé peindre un bilan épouvantablement catastrophique du Président Pierre Nkurunziza au bout de ses 15 ans de règne et de tyrannie.


Selon Fabien Banciryanino, ceux qui veulent le clouer au pilori veulent ternir l’image du CNDD-FDD.


« Suivant le fonctionnement interne de l’assemblée nationale et du sénat, aucun parlementaire ne peut être inquiété sur son opinion, ceux qui sont derrière ces messages ne sont pas des parlementaires ».


«Tous les députés savent qu’aucun parlementaire ne peut être poursuivi pour une opinion exprimée en séance plénière ni ailleurs, ce sont donc les ennemis du parti qui propagent cela», a-t-il ajouté.


Dans un contexte d’assassinats ciblés orchestrés depuis toujours par le pouvoir CNDD-FDD, Fabien Banciryanino, qui n’est pas dupe cela va sans dire, sait pertinemment qu’il peut être kidnappé ou tué à tout moment.


«Je sais que des fanatiques de Pierre Nkurunziza peuvent m’ôter la vie impunément mais pour moi, vaut mieux dire la vérité et mourir plutôt que rester ridiculement complaisant et vivre longtemps», a fait remarquer le député téméraire.


Pour rappel, des messages diffusés sur les réseaux sociaux font appel à la levée de son immunité parlementaire après que député eut affirmé que le mandat du président actuel a été ponctué de tueries, des disparitions et de l’exil des milliers de Burundais.

Fabien Banciryanino continue d’ailleurs à dénoncer les cas de violations des droits de l’homme qui se poursuivent dans le pays.


Il affirme s’être rendu, la semaine dernière, au Service National des Renseignements pour s’enquérir de la situation d’un certain Jules Negamiye, récemment kidnappé à Bujumbura et dont on n’a pas de nouvelles.