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L’ONU s’inquiète des «affrontements violents» qui émaillent le processus électoral au Burundi


Doudou Diène, Président de la Commission d’enquête du Burundi

Alors que la campagne électorale pour le triple scrutin du 20 mai est déjà dans sa dernière ligne droite, la Commission de l’ONU sur la situation des droits de l’homme au Burundi a exprimé, jeudi, son inquiétude face aux «affrontements violents entre des membres des partis politiques en lice et de nombreuses arrestations d’opposants politiques».


«Nous appelons les Gouvernement du Burundi à enrayer immédiatement cette spirale de violence en prenant les mesures nécessaires pour garantir le respect et la protection des libertés publiques et mettre fin à l’impunité dont bénéficient les auteurs d’actes de violence, dont certains avec un haut niveau des responsabilité», a déclaré Doudou Diène, Président de cette Commission.


Doudou Diène a par ailleurs noté que «les responsables des partis politiques de tout bord ont la responsabilité de prévenir les actes de violence. A défaut, ils doivent être conscients qu’ils peuvent être tenus pénalement responsables de leurs actions ainsi que dans certaines circonstances de celles de leurs militants».


Elle a invité toutes les juridictions compétentes, y compris en dehors du système judiciaire burundais, à «considérer l’ouverture des poursuites pénales contre les principaux responsables de violations graves et massives des droits de l’homme qui pourraient être commises dans le cadre du processus électoral en cours».


«Les élections du 20 mai 2020 ne pourront ouvrir une nouvelle ère de stabilité au Burundi que si le processus électoral est géré de manière pacifique et sécurisée, en toute transparence et indépendance afin que les résultats puissent être considérés comme crédibles et acceptés de tous», a encore déclaré Doudou Diène.


Il appelle les autorités burundaises et tous les responsables des partis politiques à redoubler d’efforts pour résoudre pacifiquement les tensions liées aux élections.


« Le rétrécissement de l’espace démocratique et les nombreuses violations des libertés publiques étaient des facteurs de risque importants, tout comme le manque d’indépendance de la Commission électorale nationale indépendante (CENI)».


Cette Commission onusienne redoute que le déroulement du scrutin ou la proclamation des résultats officiels des élections prévue le 4 juin 2020 ne déclenche «un nouveau cycle de violence politique encore plus grave».


La commission d’enquête de l’ONU sur la situation des droits de l’Homme au Burundi a été créée en septembre 2016 dans la perspective de mener des investigations spécifiques au Burundi.

Son mandat a été renouvelé pour la 3ème fois consécutive fin 2019.


Gitega a toujours refusé de collaborer avec les enquêteurs de cette commission.

Le gouvernement burundais n’a pas encore réagi à ces allégations.

Pour rappel, en octobre 2017, le gouvernement burundais s’est désengagé de la Cour pénale internationale (CPI).

Le Burundi a, également, fermé le bureau local du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, l’accusant de "complicité" dans l’élaboration de rapports accablants sur ce pays.