• burundidaily

La CVR divise et la CFOR-ARUSHA s’indigne

La Coalition des Forces de l’Opposition Burundaise pour le Rétablissement de l’Accord d’Arusha, CFOR-ARUSHA s’indigne des activités de la Commission Vérité/Réconciliation (CVR) qui attisent la haine ethnique et risquent de replonger le pays dans un nouveau cycle de violences ou de génocide. Cette plateforme d’opposants en exil regrette que la C.V.R ait été fondamentalement dénaturée et corrompue pour servir les seuls intérêts du parti au pouvoir, le CNDD-FDD. «La C.V.R actuelle ne jouit ni d’aucune crédibilité ni d’aucune indépendance. Il s’agit d’une commission mise en place unilatéralement par le seul parti CNDD-FDD, composée de ses seuls militants zélés », peut-on lire dans sa déclaration publiée lundi. Ladite commission est présidée notamment par l’ancien président de la Commission Électorale Nationale Indépendante qui a organisé la «mascarade électorale » de 2015 et le «plébiscite référendaire » de mai 2018 qui a enterré l’Accord d’Arusha. Selon la CFOR-ARUSHA, parmi les crimes sur lesquels devrait enquêter cette commission figure les innombrables crimes commis par le parti CNDD-FDD lorsqu’il était encore un mouvement armé. En mettant unilatéralement en place la C.V.R actuelle, le parti CNDD-FDD a opté pour une justice à sens unique, ce qui va à l’encontre des objectifs de cette commission tels que définis au Protocole 1, chapitre 2, article 8 de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi. Depuis avril 2015, des milliers de Burundais ont été victimes des disparitions forcées et d’autres ont été massacrés par des éléments des forces de défense et de sécurité du Burundi appuyés par les agents du Service National des Renseignements et des miliciens Imbonerakure. «La plupart de ces victimes ont été enterrées dans des fosses communes éparpillées à travers tout le pays. Mais, ceux qui se trouvent dans la chaîne de commandement de ces crimes commandent eux même la C.V.R actuelle et risquent de faire disparaître toutes les récentes fosses communes en les faisant passer pour des fosses communes des années antérieures », fait remarquer cette plateforme d’opposants exilés. La CFOR-ARUSHA attire l’attention sur le fait que la phase d’enquête sur les fosses communes prend une vitesse de croisière au moment où le pays se prépare à organiser une autre «mise en scène électorale ». «Il est sans conteste qu’un tel activisme prouve que l’objectif de l’exhumation des corps par la C.V.R n’est pas de rechercher la vérité et la réconciliation mais plutôt de s’en servir comme outil de propagande politique et électorale du parti au pouvoir à la veille du ‘simulacre électoral’ de Mai 2020 », conclut-elle.