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La mort de Pierre Nkurunziza : Un arrêt cardiaque ou la COVID-19?


Pierre Nkurunziza et sa femme Denise Bucumi lors d'une séance de prière

Au lendemain de l’annonce du décès inopiné du président burundais, Pierre Nkurunziza, suite à un «arrêt cardiaque», plusieurs voix refusent cette thèse officielle pour demander une enquête indépendante sur la cause réelle de sa mort et soupçonnent la Covid-19 dont souffrait déjà son épouse.


Selon Gitega, Pierre Nkurunziza est décédé suite à un arrêt cardiaque, sans plus.

Ce qui a du mal à tenir selon des observateurs. Certains demandent qu'une enquête minutieuse soit menée pour établir la cause de la mort du président.


«Dans une telle situation, l'évocation d'un arrêt cardiaque dans le décès du président ne suffit pas, une enquête sérieuse et indépendante s'impose», a déclaré sur Facebook l’opposant Pacifique Nininahazwe. Selon lui, la Covid-19 serait la véritable cause du décès du président burundais.


Plusieurs sources non officielles ont évoqué l'hospitalisation de Pierre Nkurunziza suite au corona virus. L'épouse du président, Denise Nkurunziza, est elle-même hospitalisée au Kenya depuis près de deux semaines et a été testée positive au Covid-19 selon les média kényans.

«La Covid-19 qui l’a tué va décimer beaucoup de gens qui l’ont côtoyé», a déclaré Pancrace Cimpaye du parti d’opposition MSD (Mouvement pour la solidarité et le développement).


Selon un médecin burundais qui exerce en Europe pour le moment, la COVID-19 est la cause la plus plausible de la mort du président. «Un arrêt cardiaque est plus un mode de décès qu'une cause de décès. Un arrêt cardiaque ne survient pas dans un contexte médical isolé. Il doit y avoir d'autres causes -cardiogéniques (une arythmie ou un infarctus) ou autres- qui provoquent un arrêt cardiaque.»


«Le coronavirus peut provoquer un manque d’oxygène difficile à détecter et pour le patient et pour les médecins. Comme on le voit souvent chez les malades atteints de COVID-19, ils présentent avec une pneumonie d'une particularité inhabituelle: une hypoxie silencieuse. Ceci veut dire que que le patient semble aller bien en apparence, il respire correctement, il est plutôt alerte, la maladie apparaît plutôt légère, mais en arrière-plan il manque bel et bien d’oxygène… et sévèrement. Lorsque le sentiment d’un manque respiratoire se ressent enfin, la situation clinique de la personne infectée est déjà critique. Sans intervention rapide, un arrêt cardiorespiratoire s'ensuit très rapidement.»


Dans ce contexte d'une pneumonie COVID-19 et d'une hypoxie silencieuse, il n'est donc pas étonnant que le président Pierre Nkurunziza était jusque dans l'après midi de samedi entrain d'assister à un match et que selon, le communiqué du gouvernement il semblait se porter plutôt bien jusque dimanche.


Selon le communiqué officiel du gouvernement burundais, «le dimanche, son état de santé s'est amélioré et il s'est entretenu avec les personnes qui étaient à côté de lui. A la tres grande surprise, dans l'avant midi de Lundi, son état de santé a brusquement changé avec un arrêt cardiaque.»

«Cette description que nous fait le porte parole du gouvernement cadre parfaitement avec mes observations sur les patients atteints de COVID-19.» affirme ce médecin burundais.


Lors de la campagne électorale pour le triple scrutin du 20 mai, Pierre Nkurunziza a déclaré que Dieu lui-même avait «purifié l’air du Burundi», le protégeant de la pandémie.

Mais l’épouse du président défunt a récemment été évacuée vers Nairobi pour des soins alors qu’elle était gravement malade.

Selon plusieurs journaux kenyans dont Citizen TV, elle avait été testée positive à la Covid-19.


«Denise Bucumi Nkurunziza, première dame du Burundi, est actuellement admise à l'hôpital universitaire Aga Khan de Nairobi après qu'elle a contracté le Coronavirus », a rapporté, le 29 mai dernier, le journal kényan Citizen TV.

Aujourd’hui, le gouvernement admet l'existence de 83 cas testés positifs au coronavirus dont un décès. Les autorités burundaises sont accusées de banaliser la pandémie de Covid-19 et d’exposer la population.

Au pouvoir depuis 2005, Pierre Nkurunziza, 55 ans, devait rester en fonction jusqu'au 20 août prochain, date d'investiture de son successeur, le général Évariste Ndayishimiye, candidat du parti au pouvoir, vainqueur de la présidentielle du 20 mai.

Selon la Constitution de 2018, c’est le président de l’Assemblée nationale Pascal Nyabenda qui devrait assurer l’intérim du président de la République en attendant la date d'investiture du général Evariste Ndayishimiye successeur du défunt.