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La Tanzanie somme aux réfugiés burundais de rentrer avant mai 2020

Hasard de calendrier ou pas, la Tanzanie vient de demander à tous les réfugiés burundais qu’elle héberge de rentrer de gré ou de force avant le mois de mai 2020. C’est précisément le mois qui correspond au démarrage du processus électoral unilatéralement organisé par le CNDD-FDD, sans réelle participation de l’opposition ni observateurs indépendants. Selon des médias locaux, les autorités tanzaniennes multiplient, depuis quelques jours, les affiches pour inciter les réfugiés burundais à se faire enregistrer pour leur imminent retour au pays. « Des messages relayés aux camps de Nduta et Mtendeli invitent les réfugiés à se faire inscrire massivement pour regagner leur pays d’origine. Toutefois, les concernés craignent l’usage de la force pour les contraindre à rentrer ». «Presque partout dans notre camp de Mtendeli, on voit des affiches sur lesquels est écrit qu’il faut se faire inscrire pour le retourne volontaire avant mai 2020 », disent-ils. Fin janvier 2020, Remegius Pesambili, responsable de l’immigration dans la région de Kigoma où est installé le camp de Nduta qui compte 1028 réfugiés en passe d’être refoulés leur a donné un mois pour qu’ils quittent le sol tanzanien. Cette autorité tanzanienne a été on ne peut plus clair. «Après le 28 février, ceux qui n’auront pas respecté la décision seront traduits en justice », et deux choix les attendent « payer des amendes ou la prison ». Conscient de l’épée de Damoclès qui pèsent sur eux, les réfugiés sont tétanisés à l’idée de recroiser leurs bourreaux d’hier aujourd’hui plus actifs qu’il y a cinq ans. En poussant les réfugiés burundais dans la gueule du loup, la Tanzanie joue sciemment la carte du CNDD-FDD qui lui a fait un appel du pied dans ce sens afin que le retour, même forcé, de ces réfugiés soit présenté comme une gage de sécurité et une nième victoire à l’actif du Président à sortir, Pierre Nkurunziza. C’est aussi pour lui une façon de mettre un trait à la crise du 3ème mandat dont il restera toujours comptable, président ou pas !