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Le Burundi et les élections de 2020 : Echec d’une mise en scène électorale


Dieudonné Bashirahishize est un avocat burundais, il a été vice-président de la East African Law Society (EALS) un poste auquel il avait été élu lors de la 19e conférence annuelle à Kigali le 15 novembre 2014.

Avec le temps, les Burundais ont appris à faire preuve d’une résilience qui déjoue les pronostics. Ceux qui s’y sont mépris en les sous estimant l’ont appris à leur dépens. L’hospitalité légendaire, la quiétude affichée pour dissimiler les peines et plaies, le calme quelques fois stoïque cachent souvent une révolte intérieure qui couve secrètement.


A l’instar d’un volcan inactif qui au petit matin crache des laves incendiaires, certains leaders qui se croyaient être aimés du peuple ont été vomis à leur grande surprise.

Les exemples sont légions : En 1961 le parti politique PDC qui était porté à bout de bras par les colonisateurs, croyait que la puissance coloniale pèsera de tout son poids en sa faveur pour remporter les élections. Cela ne fût pas le cas. En 1993 le parti Uprona alors parti Etat et monopolisait la vie politique du pays croyait que son implantation pendant 3O ans était un gage de victoire électoral. La surprise fut foudroyante même si une donne ethnique a pesé lourdement dans les élections de 1993.


En 2015, le pouvoir a révélé son vrai visage tyrannique


En 2020 ; après plus de quinze de règne sans partage, le CNDD FDD caressait l’illusion d’avoir conquis éternellement le Burundi et espérait qu’il gardera le pouvoir « jusqu’au retour de Jésus Christ » comme ses dirigeants et militants aiment le répéter aussi bien dans les discours que dans les chants de mobilisation.

Pour se rassurer de rester les seuls maîtres à bord, ils ont tout fait. Toutes les méthodes déloyales ont été usitées pour se rassurer de rester les seuls matelots du navire. Mais quel que soit l’issue du triple scrutin du 20 mai, le parti aura compris que les Burundais n’ont rien oublié de ses nombreux dérapages.

Malgré le rejet d’une tentative de révision de la constitution par le parlement en date du 21/3/2014 , le parti au pouvoir qui tenait à se maintenir au pouvoir ira jusqu’à terroriser les juges de la cour Constitutionnelle qui seront obligés de changer le verdict de leurs délibérations avec un couteau à la gorge pour cautionner le troisième mandat

Depuis 2005, ce parti politique a affiché une intolérance politique sans pareille. Au Burundi du CNDD FDD, l’adversaire politique est considéré comme un ennemi à abattre. « En politique on ne tue pas, on élimine les obstacles » dira un fervent militant de ce parti sur les ondes de la radio publique Africaine en 2013. C’est ainsi que de simples paysans membres d’une ancienne rébellion rivale seront tués atrocement dès 2006 et jetés dans la rivière Ruvubu. Par ces crimes odieux et ceux qui ont suivis comme le plan SAFISHA, le pouvoir venait de délivrer un message au peuple Burundais : Je compte garder le pouvoir sans tenir compte de la volonté du peuple s’il le faut en tuant et en faisant disparaître les récalcitrants. Ce message ne fut pas une simple menace. En 2015, le pouvoir a révélé son vrai visage tyrannique. Les burundais qui ont manifesté contre le troisième mandat illégal ont été victimes d’une répression sanglante qui fera plus de 2500 morts, plus de 6000 prisonniers politiques et d’opinion ainsi qu’un demi-million de réfugiés disséminés dans les pays de la région.


Malgré le rejet d’une tentative de révision de la constitution par le parlement en date du 21/3/2014 , le parti au pouvoir qui tenait à se maintenir au pouvoir ira jusqu’à terroriser les juges de la cour Constitutionnelle qui seront obligés de changer le verdict de leurs délibérations avec un couteau à la gorge pour cautionner le troisième mandat au moment où le vice-président de cette Cour a préféré prendre le chemin de l’exil plutôt que d’accepter de se laisser manipuler.


Malgré la démission en cascade des membres de la commission Nationale indépendante, une mascarade électorale sera organisée par le CNDD FDD en 2015 dans un environnement de tension et de répression. Ces élections ne seront pas reconnues par la communauté internationale et seront à l’origine de l’isolement qui frappe encore le pays de plein fouet.


Depuis lors, le quotidien des Burundais rime avec la terreur dirigé contre tout opposant réel ou supposé. Selon des rapports de la commission internationale d’enquête sur le Burundi mise en place par l’ONU, les crimes contre l’humanité ont été et sont toujours commis au Burundi par le pouvoir en place et sa milice Imbonerakure.

La Cour pénale internationale qui a ouvert les enquêtes depuis bientôt trois ans suit la situation de très près.


Sur le plan politique, pour éliminer tous les challengers de la course, les partis politiques de l’opposition ont été affaiblis, disloqués, « Nyakurisés » par l’administration. Avec la destruction des médias indépendants, la radiation des organisations des sociétés civiles qui osaient critiquer les dérives du pouvoir, l’interdiction des médias étrangers, l’exil des journalistes et des leaders de l’opposition politique ; le pouvoir croyait pouvoir organiser une mise en scène électorale sans beaucoup de difficultés.


Pour être sûr de tenir le haut et le bas, et de jouer une comédie électorale bien maquillée en 2020, les imbonerakure faisaient régner la terreur à la base, tandis que les élections étaient organisées dans l’opacité totale du début à la fin et à tous les niveaux. La politique du bâton et de la carotte étant dans la balance certains cadeaux constitués de vivres ou de pacotilles étaient souvent distribués à la population qui faisait semblant de résignation.

L’élaboration d’un fichier électoral qui reste un mystère jusqu’au jour de l’élection, la mise en place d’une commission électorale partisane, une presse publique partisane,, l’absence d’observateurs neutres, instrumentalisation de la Cour Constitutionnelle dont le Président est à la tête du conseil d’administration de la Brarudi, unique industrie prospère au Burundi ; il n’y avait plus de suspens pour un scrutin organisé dans de telles circonstances.

« Uburundi Bugona Buri maso » (la nation ronfle tout en étant éveillée)


Avec l’adoption controversée d’une constitution 2018 qui enterre l’Accord d’Arusha, , le financement des élections par les contributions forcées d’une population minée par la pauvreté, le CNDD FDD croyait être seul maître à bord. Il avait oublié que « Uburundi Bugona Buri maso » (la nation ronfle tout en étant éveillée). Le début de la campagne électorale a jeté le pavée dans la marre. Malgré la terreur qui plane partout au Burundi, des milliers de Burundais ont quitté publiquement le parti de l’aigle en dénonçant les violences exercées contre eux pour les contraindre à adhérer à ce parti au pouvoir.


Pour se faire accepter par la majorité communautaire au Burundi, des discours de la haine ont été distillés dans le pays en présentant le parti au pouvoir comme étant le parti qui a sauvé les Hutus du péril Tutsi

Finalement comme le disait souvent Nkeshimana dans ses chansons : « Igihugu si icana ». Le pouvoir qui croyait avoir su s’imposer par le terrorisme d’Etat s’est rendu compte que la répression a eu un résultat contre-productif. Le pouvoir qui a apprivoisé tous les services de défenses et de sécurité pourra reprendre la salle besogne en éliminant les opposants mais le peuple semble déterminé à se battre pour sa dignité.


De prime à bord, il faut préciser que ces élections ne sont pas susceptibles d’apporter le changement systémique souhaité par les Burundais. Même en cas de victoire de l’opposition, le changement rêvé par les burundais est si profond qu’il viendra étape par étape, à défaut d’une révolution qui appliquerait un vaste coup de balai. Le peuple a trop souffert des dirigeants qui ne l’écoutent pas et qui, au lieu de se pencher sur l’amélioration de ses conditions de vie s’activent à le diviser pour le fragiliser et le rendre incapable de revendiquer ses droits les plus légitimes.


Mais avec la mondialisation qui fait que le monde est devenu un village planétaire, il sera difficile de continuer à faire du Burundi, un îlot fermé où on asperge la haine de l’autre et le mensonge pour se maintenir au pouvoir.


Pour se faire accepter par la majorité communautaire au Burundi, des discours de la haine ont été distillés dans le pays en présentant le parti au pouvoir comme étant le parti qui a sauvé les Hutus du péril Tutsi. Certains allaient même très loin en revendiquant les massacres des Tutsi de 1993 qui ont été qualifiés par l’ONU d’actes de génocides en les qualifiants d’actes de bravoure. Loin d’attirer la sympathie du régime, de tels discours qualifiant les opposants d’ « Ibipinga » ou de « Mujeri » semblent avoir suscités un sentiment de rejet d’un pouvoir incapable de répondre à leurs attentes. Les burundais suivaient avec vigilance, l’enrichissement illicite des ténors du pouvoir au dépens de la population meurtrie par une criante pauvreté.

Un courant de changement que personne n’a vu venir

Avec le début de la campagne électorale, les burundais n’ont pas tardé à manifester leur ras-le-bol. Au péril de leurs vies et devant les miliciens affolés, ils ont manifesté qu’ils sont avides d’un changement en ralliant un discours qui prône la fin de la violence exercée par la milice imbonerakure, la fin de la corruption et de la gabegie, l’indépendance de la justice et le retour des réfugiés.


Les marées humaines qui ont affluées dans les campagnes électorales de l’opposition ont semé le trouble dans les rangs du régime. Ainsi le parti au pouvoir venait de se rendre à l’évidence que l’éventail mis sur pied pour frauder les élections ne suffisait pas pour garantir sa victoire. La commission nationale électorale inféodée au pouvoir s’est rendu compte qu’elle pourrait être prise au dépourvue et contrainte de proclamer les résultats issus des urnes si les fraudes massives n’étaient pas organisées à la base.


C’est ainsi que les institutions républicaines ont été appelées à la rescousse d’un parti au pouvoir en position délicate. Les institutions sensées être neutres ont brillées par leurs partialité déconcertante. Les sorties médiatiques des représentants de la police, du procureur Général de la république tout comme celle du ministère de la sécurité publique ont choqué l’opinion nationale et internationale par leur partie pris. Aucune de ces institutions n’a eu le courage de mentionner les militants de l’opposition portés disparus ou tués après leur arrestation par les militants du parti au pouvoir ou par les membres des corps de défense et de sécurité.


La partialité de ces institutions est troublante. Les représentants de la police tout comme ceux de la justice ont tout fait pour affaiblir l’opposition politique qui se trouve sur terrain. Des représentants de l’opposition ont été tués, arrêtés ou portés disparus. La question qui reste sans réponse est celle de savoir jusqu’où les institutions régaliennes sont prêtes à aller dans cette aventure périlleuse de manipulation et d’instrumentalisation.


A la veille de ces élections que certains croyaient gagnées d’avance par le pouvoir organisateur, la violence est montée d’un cran. Le rejet du système de gouvernance en place a irrité. On s’active à pourchasser les opposants, à les rayer des listes d’observateurs et à priver au peuple son droit inaliénable de désigner en toute liberté ses propres représentants. Cette peur panique du pouvoir révèle une réalité importante : La popularité supposée du CNND-FDD est un leurre, ce parti ne peut pas remporter des élections libres, transparentes et démocratiques. Si c’était le cas il ne s’activerait pas à verrouiller l’espace politiques et les canaux pouvant aboutir à la désignation des représentants.

Une marche irréversible de l’histoire

Avec ces élections, les masques sont tombés. Ceux qui se targuaient d’être les défenseurs de la démocratie apparaissent aux yeux des burundais et du monde comme des imposteurs qui veulent se maintenir à tout prix, par la loi de la force et non la force de la loi.


Quoi qu’il advienne, la douche froide infligée par le peuple à un pouvoir prédateur de liberté est un message qui devrait être entendu par tous les burundais qui aspirent à prendre les rênes du pays. Le peuple tant meurtri en affichant une détermination qui ignore le risque de représailles qui pèse pourtant en permanence sur lui comme une épée de Damoclès, semble avoir voulu rappeler qu’il ne se laissera pas asservir. En écoutant les slogans et chants entonnés par les burundais qui ne semblent pas prêts à supporter pour longtemps un pouvoir totalitaire, un observateur bien avisé devrait se rendre à l’évidence en reconnaissant que nul ne peut freiner la marche irréversible de l’histoire.

L’élan révolutionnaire de 2015 qu’on croit avoir étouffé est toujours là. Le peuple veut la paix, l’unité et l’Etat de droit. Ceux qui nagent à contre-courant n’auront pas beaucoup de chances. Ils foncent droit vers une voie sans issue.


Les élections de 2020, quoique truquées, viennent de démontrer que le peuple est mâture plus que ne pouvait le croire les dirigeants qui croyaient l’avoir soumis sous le coup du populisme déguisé en prosélytisme et l’usage abusif de la parole divine qui, à un certains point, s’apparente à un lavage de cerveau. Les enseignements divisionnistes destinés à justifier les crimes du présent par ceux, qui ont marqué un passé, non encore élucidé, n’ont pas convaincu. Le peuple a compris le jeu, il voudrait le désavouer si les moyens légaux le permettaient.


Au moment où je rédige cet article, j’apprends que la tension est à son comble le jour des élections. Dans les différents coins du pays la milice affiliée au parti au pouvoir s’est activée à harceler et à molester les militants de l’opposition.


La veille du vote déjà, les réseaux sociaux laissaient entendre les cris de détresse d’une population laissée à elle-même dans sa quête légitime de la démocratie.

Certains assuraient être en cavale après des rafles opérées dans leur contrée tandis que la liste des personnes arrêtées ou tuées continuait à s’allonger. Le peuple paie un lourd tribut certes mais ces élections marqueront un tournant. Ceux qui infantilisent la population devront revoir leurs cartes.


En ce jour des élections le pouvoir burundais qui organise cette mascarade électorale sans observateurs étrangers vient de franchir le Rubicon en interdisant l’accès des citoyens aux réseaux sociaux qui véhiculent souvent les informations en provenance du fin fond du pays. Le droit à l’information est violé en même temps que le droit au libre choix de ses dirigeants. Un peuple engagé à prendre en main sa destinée et auquel on refuse sa liberté est comme un fleuve puissant qu’on tenterait de déloger de son cours. On aura bien érigé des murs en béton hélas un jour ces murs céderont et s’écrouleront. L’architecture juridique taillée sur mesure, une commission électorale aux ordres, l’opacité dans la préparation des élections, une cour constitutionnelle dépendante du pouvoir exécutif ; rien n’a dissuadé le peuple Burundais qui reste attaché à son rêve de changement et de liberté.


Maintenant que les burundais viennent d’exprimer leur choix via les urnes, il semble évident que la peur plane sur le pays et personne n’est épargné. Le pouvoir a peur d’un peuple qu’il a tant martyrisé et qui ne semble pas disposé à se laisser asservir tandis que le peuple a peur de ses dirigeants sans scrupules qui recourent à la répression et à la violence pour s’imposer.


Le pays est à la croisée des chemins. La communauté internationale, qui devrait accompagner ce peuple qui se voit refuser son droit élémentaire de se prendre en charge en votant dans la liberté, est occupée par la gestion de la pandémie du COVID 19 qui endeuille le monde.


Décidément, il y a urgence que les burundais arrêtent une fuite en avant encours pour réfléchir ensemble sur un avenir rassurant pour tout le monde. Le peuple est fatigué et il faut l’écouter surtout que la répression ne produit pas les effets escomptés. Le peuple a besoin de la transparence dans les élections et dans la conduite des affaires de la cité. Il ne semble pas être prêt à jouer le rôle du dindon de la farce. Les élections actuelles rappellent élections communales organisées à la fin de l’année 1960 par la puissance coloniale et qui avaient vu la victoire non méritée du parti PDC. Le pouvoir colonial avait pesé de tout son poids pour faire triompher ce parti fantoche qui voulait reporter la décolonisation sine die. Pour que la vérité des urnes soit connue, il a fallu l’intervention des nations unies qui ont supervisé les élections qui seront remportées haut la main par le parti actuellement en agonie du Prince Louis Rwagasore, UPRONA.


Les élections organisées en ce jour dans les circonstances ci hautes décrites méritent d’être annulées. Maintenant que la fraude a été planifiée et exécutée, les résultats qui seront proclamés ne refléteront pas certes la vérité des urnes avec autant de bavures que se sont observées avant et pendant les élections. S’il est vrai que des surprises restent possibles, un tel scrutin jette de l’opprobre sur ses organisateurs ainsi que le discrédit sur les institutions qui en résulteront.


L’illusion savamment entretenue par le pouvoir d’exclure certains Burundais de la jouissance de leur droit civils et politique doit céder la place à la raison

En cette période électorale émaillée de violence politique, c’est le moment où jamais pour les forces de défenses et de sécurités de jouer leur rôle de rempart de la paix et la tranquillité publique dans la neutralité. Si l’armée et la police se comportent loyalement et mettent de côté le militantisme pour permettre au Burundais de voter dans la sérénité, les burundais peuvent malgré tout encore écrire leur histoire en lettres d’or en sanctionnant un parti politique qui a échoué à réconcilier les Burundais et qui a ruiné l’économie du pays. Quoi qu’il advienne, il se dégage de cette mise en scène que les burundais ont besoin de se mettre sur une table de négociation pour remettre le pays sur les rails de la paix et de la démocratie.


Qu’importe celui qui sera proclamé vainqueur, il faudra qu’il tende la main aux centaines de milliers de Burundais qui sont en exil et qui n’ont pas participé à ces élections alors qu’ils veulent contribuer à reconstruire leur mère-patrie. Il faudra que les Burundais discutent sur un plan de relance socio politique qui doit être centré sur le respect mutuel et l’Etat de droit.


A l’heure où les artisans d’un génocide qui a endeuillé la région continuent à être traqués et arrêtés par le monde pour faire face à la justice, ceux qui prêchent encore la haine devraient reconnaître qu’ils font une fausse route. Ce beau pays, le Burundi, appartient à tous les Burundais sans exception aucune. La diversité d’opinions doit être perçue comme une richesse et non pas comme une source de tension inutile qui retarde le développement d’un pays qui regorgent des potentialités inexploitées.


Ceux qui essayent désespérément de s’attacher au passé qui ne passe pas et pour lequel ils ont contribué à approfondir la morosité, , devraient comprendre que les marchands des chimères ne sauraient être éternels.


L’illusion savamment entretenue par le pouvoir d’exclure certains Burundais de la jouissance de leur droit civils et politique doit céder la place à la raison.

Le peuple burundais a besoin du pain et de la paix, les jeunes désœuvrés ont besoin du travail et ne sauraient se laisser manipuler encore pour longtemps.

Quant à la richesse hypothétique du pays qui est vanté par le pouvoir en place, chaque Burundais l’apprécie à sa juste valeur chaque fois qu’il se rend au marché ou à table. Loin des slogans les faits restent têtus.


« Imana » veillera sur le Burundi


En définitive, il est grand temps que chacun réfléchisse mille fois avant de prendre une décision illicite qui risquerait de mettre la poudre au feu. Face au mutisme de la communauté internationale, la responsabilité des Burundais est mise à l’épreuve. De grâce, que ce hold-up électoral ne soit pas suivi par un durcissement d’une répression qui ne s’est jamais arrêtée depuis 2015. Le peuple Burundais mérité mieux, il a le droit de vivre dans la paix et dans la tranquillité. Il a le droit d’exprimer ses choix en toute liberté.


Il a le droit de se faire respecter par son élite qui le désabuse, tellement il a beaucoup enduré. La CENI qui a vue venir le danger sera tenue pour responsable des conséquences de cette comédie électorale, si elle ne se ravise pas en privilégiant la transparence et l’impartialité.


Face à cette situation si volatile, les Nations unies, l’Union africaine et surtout les Burundais épris de paix et de dignité doivent se mobiliser, dans un élan d’unité et de patriotisme pour éviter un autre bain de sang au Burundi.


En ce jour des élections et les jours qui vont suivre, l’Imana du Burundi qui a toujours préservé ce pays dans les moments difficiles à travers les millénaires, va protéger ses enfants désemparés qui sont à la merci d’un pouvoir enfermé dans une logique surréaliste. L’imana des Burundais se manifestera à travers les œuvres de ses enfants qui doivent refuser la fatalité et la violence pour vivre dans la paix et dans la dignité.