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Le candidat de Nkurunziza se heurte au mur des généraux







Pascal Nyabenda, president de l'assemblee nationale


Nyabenda Pascal, le président de l'assemblée nationale était le choix du président Nkurunziza pour le remplacer à la présidence du pays.


Les calculs de Pierre Nkurunziza étaient déjà faits: comme il s'était heurté au refus catégorique des généraux de l'ancienne rébellion d'entériner son 4ème mandat, il avait fait un autre calcul: Pascal Nyabenda devient président de la République et Pierre Nkurunziza devient premier ministre.


C'est justement pour cette raison qu'il avait forcé l'inclusion d'un poste de premier ministre qui devient chef de gouvernement avec responsabilité de veiller à l'application du programme de l'exécutif. Il avait anticipé cette oppositions des généraux à un autre mandat.

Les tractations pour forcer son 4ème mandat ont très vite échoué. Il a alors proposé Pascal Nyabenda comme candidat du parti de l'aigle aux élections présidentielles se 2020. Un pacte avait été conclu entre Pierre et Pascal.


Cependant, il n'avait pas anticipé la volonté des cadres du parti de tirer le pays de la crise actuelle. Le "politburo" du parti au pouvoir est conscient des ramifications (surtout financières) de la crise déclenchée par le 3ème mandat de Pierre Nkurunziza en 2015. Selon un officier supérieur qui est au courant des délibérations internes au sein du cercle restreint du système DD, les hommes forts du système n'étaient donc pas prêts à cautionner un autre mandat pour Pierre Nkurunziza.

Pierre Nkurunziza avait alors opté pour un candidat qui serait sous son contrôle total. Nyabenda Pascal était le candidat idéal, premièrement parce qu'il n'est pas passé par la rébellion et deuxièmement parce qu'il est un des cadres compétents du parti. Cette compétence était l'élément que Pierre Nkurunziza présentait comme un atout pour convaincre le "politburo" de soutenir sa nomination.


Les généraux avaient alors monté une opposition farouche contre la candidature de Pascal Nyabenda. Selon toujours l'officier supérieure qui est familier avec les discussions internes de l'organe décisionnel du système, les généraux, avaient déjà pris une décision de retourner aux conventions internes conclues tout juste après la signatures des accords de cessation de conflit, et avant d'intégrer le gouvernement de transition.


Ces conventions internes déterminent les règles de délibérations internes et la rotation au poste de président. Apparemment, il était prévu que Pierre Nkurunziza soit le premier pour enfin laisser la place à Hussein Radjabu, qui à son tour allait laisser la place à un autre général.


Cependant, cette rotation avait été perturbée par Nkurunziza en connivence avec feu général Adolphe Nshimirimana. Hussein Radjabu fut arrêté et jeté en prison pour l'écarter du cercle décisionnel du système. Le même forcing avait permis à Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat.


Le général Silas Ntigurirwa, un des frondeurs qui restent au pays, s'est apparemment farouchement opposé au dictat de Nkurunziza qui voulait imposer son la candidature de Pascal Nyabenda.


Ce général avait d'ailleurs refusé le poste d'ambassadeur en Chine. Il avait fait comprendre à Pierre Nkurunziza qu'il ne quitterait le pays avant les élections de 2020. Des sources qui ont suivi les discussions et délibérations internes parlent d'interventions verbales musclées de la part du général Silas Ntigurirwa.


Un consensus s'est alors formé autour du général major Evariste Ndayishimiye. Son choix par les généraux a été motivé par le fait que malgré qu'il soit un des décideurs du système, son nom n'est cité nul part dans les dossiers de crimes d'état commis depuis 2015. Il n'est non plus sur la liste des autorités sanctionnés par les Etats Unis d'Amérique et l'Union Européenne.


Pendant que les regards etaient fixees sur les prières organisées juste avant le congrès du parti, des négociations intenses au sein du groupes des sages du parti se déroulaient en privé. Ayant perdu le bras de fer, Nkurunziza avait finalement acceptee pour successeur Evariste Ndayishimiye.

Nyabenda avait bien compris qu'il venait de perdre la course et a décidé de se retirer. Lors des cérémonies de clôture des prières qui avaient précédé le congrès, son absence fut remarquee.


Pour parer toute dissidence, les activistes du parti commes les fameux imbonerakures n'avaient pas été invités au congrès.


Ainsi, bien que les débuts de cette alternance semble s'être faits en toute quiétude, une sorte de fronde interne risque de faire craquer ce semblant de cohésion.