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Le collectif d’avocats du groupe SOS-Torture en Afrique dénonce le procès contre Armel Niyongere

Armel Niyongere

Le collectif d’avocats du groupe d’intervention judiciaire SOS-Torture en Afrique vient de dénoncer le procès intenté contre leur confrère Armel Niyongere. Leur coup de gueule est dans une lettre ouverte sur l’irrégularité du procès contre les défenseurs des droits de l’homme burundais adressée mardi le 4 février au Président de la Cour suprême du Burundi. « Nous, membres du collectif d’avocats du groupe d’intervention judiciaire SOS-Torture en Afrique, sommes préoccupés par l’ouverture en ce jour le 04 février 2020, du procès devant la Cour suprême du Burundi et en son absence, de l’un de nos membres, Maître Armel Niyongere », ont-ils déclaré. A l’instar de nombreux autres défenseurs des droits humains, Maitre Armel Niyongere est accusé d’avoir à Bujumbura en date du 13 - 14 mai 2015, directement pris part à l’exécution et/ou coopéré directement à l’exécution de l’attentat dont le but était de changer le régime constitutionnel et d’inciter les citoyens à s’armer contre l’autorité de l’Etat ; d’avoir dans les mêmes circonstances de temps et de lieu assassiné des militaires, policiers et civils et d’’avoir dans les mêmes circonstances de temps et de lieu, méchamment détruit et dégradé plusieurs édifices. « Notre confrère qui est Président de l'ACAT-Burundi et Coordinateur de SOS Torture Burundi, est un brillant défenseur des droits de l’homme depuis plusieurs décennies. Il est arbitrairement poursuivi devant votre juridiction dans le dossier du Rôle Pénal Spécial (RPS 100) ». « Dans le cadre de ses activités de défenseurs de droits de l’homme, Maître Armel Niyongere n’a cessé de dénoncer en compagnie d’autres acteurs de la société civile des graves violations de droits de l’homme contre la population civile au Burundi.

Il est inacceptable que ces activités reconnues et protégées par les instruments régionaux et internationaux de protection de droits de l'homme ratifiés par le Burundi soient assimilées à des activités criminelles et lui valent un procès », ont-ils déclaré. « Notre collectif craint que votre juridiction statue sur cette affaire sans un procès-verbal d'audition, car aucune des personnes accusées n'a été auditionnée par le procureur. Pour une affaire aussi grave il aurait peut-être été judicieux que la Cour suprême du Burundi demande un complément d'enquête prenant en compte la version des présumés auteurs sur les faits qui leurs sont reprochés ».

Le groupe d’intervention judiciaire SOS-Torture en Afrique, est un groupe d’avocats du réseau SOS-Torture de l’OMCT, qui vise à contribuer à renforcer la prévention, la responsabilisation et la réparation des cas de torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Il est constitué de 16 avocats africains et est sous le parrainage de l’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT) et le Collectif des Associations Contre l’Impunité́ au Togo (CACIT).